A vrai dire, dès les premières notes, dès les premiers mots prononcés... The National touche au coeur. "Fake Empire", dont le titre trahit un regard amer, est appuyé par une voix à la personnalité forte. Peut-être y a-t-il une parenté avec Nick Cave? Et puis, c'est du rock où l'on perçoit tous les instruments, où l'on profite de chacun d'eux. Quel plaisir! On écoute un morceau pour les paroles, on le réécoute pour sa sonorité.
"Boxer" n'est pas que cela, il est encore plus. Des textes réfléchis et intelligents sont assez rares pour être mentionnés, et The National, précisément, a énormément à dire. Et sait doser. Dans "Brainy" par exemple, après un monologue prenant, le chanteur nous libère dans la musique, qui s'emportent en mélodies avant de s'éteindre.
"Squalor Victoria" ajoute à la symphonie un violoncelle et un piano, dont la symbiose mêle à la fois profondeur et tristesse. La chaleur est apportée par la batterie, qui balise agilement les émotions pour en faire ressortir la beauté de la chanson.
Malgré les paroles sombres, l'album laisse à la faim de l'écoute un goût doux-amer, typique de ces disques que l'on regarde dans sa discothèque quelques années plus tard, et qui portent en eux une ambiance unique, un moment de notre vie dont il est imprégné. Ce disque, c'est "Boxer".