Le 1er album de The Cure est à l'image de sa pochette: léger, pop, minimaliste. Selon les propres aveux de Robert Smith le groupe ne sait alors pas vraiment jouer. Par contre les bougres savent composer des ritournels aussi simples qu'imparables et sur lesquelles la musicalité du groupe est déja totalement évidente. "Boys don't cry", "10:15 saturday night" et "Killing an arab" restent ainsi encore aujourd'hui des classiques du répertoire de The Cure quoique la pop de cet album est, quand on y pense, très ensoleillée en comparaison de la descente aux enfer qui va suivre avec le triptyque "Faith", "Seventeen Seconds" et "Pornography". Les premiers nuages pointent pourtant déja avec le dernier morceau du disque, le superbe "Three imaginary Boys", qui voit Robert Smith lançer des "Can you Help me?", la voix noyée dans l'écho d'un spleen existenciel qui l'emporte et dont il sera bientôt prisonnié.