Ne vous fier pas au premier titre de l'album, Alabama Shakes n'a pas envie d'attendre. Oh non ! Et
aujourd'hui, je n'ai pas envie de perdre mon temps afin de savoir si tout le raffut fait autour de ce
groupe est justifié.
La vérité, et ce sont juste des faits, c'est qu'aujourd'hui dans leur style musical, il s'agit tout simplement
de la révélation la plus convaincante de ces dernières années.
Cet album est un diamant brut qui se taille au fur et à mesure des écoutes. A la première, il nous étonne
sans nous transcender, à la deuxième vous appréciez la maturité d'un « si » jeune groupe et à partir de
la troisième, il vous parait incontournable et déjà familier.
La formule ? Des sons old school efficaces, de la rage, de la douceur, de la sincérité, de la spontanéité
mais surtout de la simplicité. Parce que oui, Brittany n'a pas le physique d'une diva de magazine mais
mettez la derrière un micro et le temps s'arrêtera pour profiter du spectacle avec vous !
Que ce soit le refrain de « Hang Loose » accompagné de son riff vintage, l'énergie sauvage de « Rise To
the Sun », l'interlude « Goin' To the party », le dechirant « You Ain't Alone », la balade déjà culte « Boys
and Girls », les très rock'n'roll « I Ain't The Same » et « On Your Way », rien n'est à jeter.
Un dernier conseil, j'ai eu la chance de les voir en concert et c'est là qu'ils imposent le respect absolu. La
discretion des musiciens, Heath Fogg (guitare), Zac Cockrell (basse) et Steve Johnson (batterie) contraste
avec le charisme indiscutable de Brittany Howard (voix). Bien ancrée sur ses deux jambes, Brittany
ne fait pas que chanter et gratter sa guitare, elle interprète, elle vie ses chansons, de la première à
la dernière elle passe en revue tous les sentiments qui animent cet album, de la tristesse, à la colère
(écouter la dernière minute de « Be mine » où sa comparaison à la grande Janis prend tout son sens) en
passant par une absolue fragilité. A découvrir absolument.