Trois ans après avoir surpris tout le monde avec
Borat, Sacha Baron Cohen est de retour, dans la peau cette fois de Brüno, un présentateur TV autrichien, homosexuel extrêmement maniéré, vaguement sympathisant nazi, persuadé d'être l'incarnation de la Mode. Le film, qui se déroule aux USA, exploite principalement trois ressorts comiques :
_ Les gags de base, généralement en dessous de la ceinture et mettant en scène un godemiché ou deux.
_ Les caméras cachées dans des lieux comme la rue, les aéroports, montrant la réaction des Américains moyens face à Brüno.
_ Les traquenards : Brüno infiltre des shows TV, décroche des entretiens avec des stars, des personnalités politiques.
Dans un premier temps, guère enthousiaste à l'idée de voir ce film, je craignais d'avoir affaire à 1h30 de grossièretés, éventuellement blessantes à l'égard de la communauté homosexuelle. Finalement pas du tout : non seulement l'excès du personnage empêche que qui que ce soit se sente visé, mais en plus, ses extravagances n'ont pas pour simple but de faire rire : la plupart du temps, elles révèlent au passage la personnalité de ses interlocuteurs. Les Américains constituent à ce titre des cibles idéales, à la fois rigides et polis, faisant le plus souvent preuve d'une grande patience vis-à-vis de cette folle écervelée de Brüno.
Vous vous souvenez de Paula Abdul ? Une espèce de météore, passé dans le ciel de la variété il y a une vingtaine d'années. Aujourd'hui, Paula fait dans l'humanitaire. Brüno lui donne rendez-vous chez lui. Malheureusement, comme il vient d'emménager, son mobilier est très pauvre. Quand Paula arrive, il l'invite à s'asseoir sur ... un Mexicain. Un gros Mexicain mal rasé, à quatre pattes, qui grimace un peu sous le poids de Mme Abdul. Celle-ci, légèrement mal à l'aise, finit par s'habituer à l'idée puis se concentre sur son discours : "L'humanitaire a changé ma vie. Quand on donne aux gens, ils vous le rendent en amour. Etc."
Des scènes de ce type, il y en a d'autres (celle-ci demeure de loin ma favorite) et pour peu que vous ne soyez pas trop sensible à la vulgarité et aux provocations, vous ne regretterez pas l'investissement. C'est sûr que cela ne fera pas rire tout le monde : je ne me permettrai pas de traiter de "coincé" celui qui restera de marbre en voyant Brüno faire une fellation imaginaire au fantôme de Milli Vanilli. Si, en échange, on ne traite pas de "débiles" ceux que cela amuse, alors tout le monde est content non ?