Le requiem Allemand fascine par sa puissance et son expressivité. Il peut aussi un peu décourager, en tous cas dans certaines interprétations avec orchestre, par une certaine pesanteur. Cet enregistrement de la version pour choeur et piano à quatre mains (de Brahms lui-même, et qui n'est pas une simple "réduction") préserve la grandeur de l'oeuvre et magnifie, par sa limpidité, l'introspection tour à tour douloureuse et sereine qui l'inspire. L'extraordinaire cohésion du choeur Accentus et la direction précise, acérée, riche de contrastes, de Laurence Equilbey nous valent ce tour de force. Mais l'on doit aussi saluer le jeu très équilibré des pianistes, Boris Berezovsky et Brigitte Engerer. A noter enfin, en introduction du livret, le très beau texte de Richard Millet.