Cinquième album d’Emerson, Lake & Palmer en trois ans,
Brain Salad Surgery, qui bénéficie de l’une des plus belles pochettes de l’histoire du rock, reste le disque des superlatifs.
Dernier grand disque du trio (au sens de l’achèvement artistique), plus gros succès commercial du groupe, session la mieux produite, œuvre la plus ambitieuse, composition la plus sombre, et, sans doute, facture la plus électronique des Anglais, cette cinquantaine de minutes de musique représente absolument un achèvement, dans tous les sens du terme.
Outre un dispensable
« Benny the Bouncer » chanson récréative que le groupe se croit obligé d’inclure dans chacune de ses productions, sans nul doute pour rappeler sa capacité – pataude, en l’occurrence – à l’humour), deux nouvelles visites du répertoire classique (le
« Jerusalem » d’ouverture, emprunté au répertoire de William Blake, et la
« Toccata » d’Alberto Ginastera, adaptation de son
Premier Concerto pour piano, et prétexte d’un périple au sein de grandes orgues par Keith Emerson) agrémentent le programme.
Mais la pièce essentielle reste
« Karn Evil 9 », pont étonnant, en trois mouvements, vers le space rock, voire le heavy metal. Le parolier de King Crimson Pete Sinfield, soutient dans cette histoire de fureur et de sang le chant enfin débridé de Greg Lake.
« Karn Evil 9 » opère comme la synthèse des différentes œuvres du groupe, et l’aboutissement de leurs capacités, et de leur inspiration.
« Brain Salad Surgery » reste une pièce majeure du rock progressif.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story