Fils du pianiste Ellis Marsalis, le saxophoniste Branford Marsalis naît le 26 août 1960 à La Nouvelle-Orléans. Il étudie tout d'abord la clarinette et le solfège et poursuit sa formation classique à la Southern University de Bâton-Rouge, avant de partir approfondir ses connaissances durant de nombreuses années au Berklee College of Music de Boston. Sa formation musicale lui permet d'avoir une vision large de la musique, de la pop au funk, et du classique au jazz.
Les Jazz Messengers
En 1980, Branford Marsalis est engagé par Clark Terry, puis rejoint son frère trompettiste Wynton Marsalis dans la formation d'Art Blakey, The Jazz Messengers (1980-1982), au saxophone alto. Au ténor, il s'illustrera ensuite dans le groupe de son frère jusqu'en 1985. Parallèlement, il participe au VSOP fondé dans les années 1970 par Herbie Hancock, joue et enregistre avec Dizzy Gillespie ou Miles Davis, sur son disque Decoy (1984).
Emancipations
S'éloignant du travail effectué avec Art Blakey et Wynton Marsalis, le saxophoniste sort son premier disque en leader, Scenes in the City (1984), qui associe ses compositions (« Solstice », « Waiting for Train ») à celles du pianiste Kenny Kirkland (« Parable ») ou de Charles Mingus (« Scenes in the City »).
En 1985, Branford Marsalis rejoint le groupe du chanteur Sting, qui combine musique bebop et rock, puis travaille en tant que musicien indépendant. Avec l'English Chamber Orchestra, il consacre le disque Romances for Saxophones (1986) à des ?uvres célèbres de Debussy, Fauré, Ravel, Stravinsky ou Rachmaninov, puis Royal Garden Blues (1986), titre tiré de sa reprise du thème de Clarence Williams, au style Nouvelle-Orléans, en compagnie de Ron Carter, Herbie Hancock, Ira Coleman, et de son père (« Swingin' at the Haven »).
En 1986, le saxophoniste forme son quartette, avec le pianiste Kenny Kirkland, le batteur Jeff Watts et le bassiste Bob Hurst. Depuis la fin des années 1980, Branford Marsalis enregistre plus d'une quinzaine d'albums en leader, et plus encore comme sideman.
Activités parallèles
Branford Marsalis apparaît à l'affiche de plusieurs films, comme Throw Momma from the Train (1987) et School Daze (1988), et présente l'émission Tonight Show sur la chaîne NBC de 1992 à 1997.
Gros succès
Faisant un pas vers le blues avec John Lee Hooker (« Mabel »), B.B. King (« B.B.'s Blues ») ou Linda Hopkins (« The Road You Choose »), son album I Heard You Twice the First Time (1992) lui vaut de remporter un premier Grammy Award dans la catégorie meilleure performance jazz, en 1992.
En duo avec son père, le disque Loved Ones (1996) rend hommage à la femme au travers de thèmes célèbres de George Gershwin (« Bess You Is My Woman »), Duke Ellington (« Angelica »), ou Leonard Bernstein (« Maria »).
En 2001, Branfonford Marsalis remporte le prix du meilleur album instrumental de l'année pour Contemporary Jazz (2000) lors des 43ème Grammy Awards. L'album Footsteps of Our Fathers (2002) rend hommage aux mythes de l'histoire du jazz que sont Ornette Coleman (« Giggin »), Sonny Rollins (« Freedom Suite ») et John Coltrane (« A Love Supreme »).
En lien avec la rétrospective The Art of Romare Bearden organisée par la National Gallery of Art de Washington en 2004, Branford Marsalis, en compagnie du père Marsalis et de ses trois frères, enregistre Romare Bearden Revealed (2003), inspiré des ?uvres de l'artiste afro-américain, et auquel participe également Harry Connick Jr.
A l'image de la composition éponyme de l'album dédiée à sa femme, Eternal (2004) est consacré à des ballades. En musicien particulièrement érudit, Branford Marsalis laisse planer l'ombre de John Coltrane sur son album Braggtown (2006), en insérant un arrangement d'Henry Purcell (« O Solitude »), tandis que celle de Thelonious Monk (« Rhythm-A-Ning ») parcourt son dernier Metaporphosen (2009). Songs of Mirth and Melancholy en 2011 est une avancée sur la voie d'un jazz de plus en plus contemporain. Copyright 2012 Music Story Sophie Lespiaux