Dans le futur, un homme se rebelle contre une société totalitaire.
La principale originalité du film est l'humour, présent surtout dans des détails comme la décoration des pièces, les slogans sur les affiches ou les actions des personnages en arrière-plan. On sent qu'il faudra plusieurs visions pour dénicher toutes les facéties des auteurs. Mention spéciale aux deux bouts de sparadrap collés sur le derrière d'un chien afin que celui-ci ne salisse pas la rue. L'histoire elle-même, par contre, et bien qu'elle bénéficie de décors superbes, est peu novatrice. Bizarrement, dans le documentaire présent sur le DVD, aucun des intervenants, que ce soit le réalisateur, les scénaristes ou les acteurs, ne cite d'oeuvre ayant influencé leur travail. A la question "Qu'est-ce que Brazil ?" ils affichent des mines embarrassées, mystérieuses, et répondent "Brazil, c'est ... Brazil" comme si le film était une création trop originale pour la rattacher à quoi que ce soit de pré-existant.
Pourtant, en plus de son titre énigmatique,
Brazil compte plusieurs points communs avec
Blade Runner, sorti 3 ans auparavant :
_ le soleil est absent.
_ les rêves récurrents du héros manifestent son désir de liberté.
_ l'amour joue un rôle déclencheur dans sa révolte.
_ l'histoire est noire au point que les producteurs ont imposé une version "happy end".
Les apports de
1984 d'Orwell sont encore plus nombreux, en dehors du fait que le film soit sorti en 1985 :
_ le héros travaille dans un Ministère qui est aussi un lieu de torture.
_ l'amour joue un rôle déclencheur dans sa révolte.
_ le gouvernement entretient l'état de guerre afin de pouvoir écraser le peuple à volonté.
_ les slogans jouent sur l'inversion des sens, comme par exemple "La délation engendre la confiance".
Enfin, bien qu'il soit un film d'anticipation que son humour rend original,
Brazil n'est pas exempt de reproches : il comporte quelques longueurs (notamment dans les scènes oniriques), son dénouement a beaucoup moins d'ambition que celui imaginé par Orwell dans son livre et, à mon avis, le titre, l'affiche et surtout la musique ont été très mal choisis. Je comprends la volonté de créer un paradoxe, cependant, à exagérer le décalage on sombre dans l'inadapté, or c'est ainsi que je l'ai ressenti, la musique m'ayant parfois éloigné du film.