Je savais que les critiques de Breaking Dawn étaient mauvaises, mais rien n'aurait pu me dissuader de connaître la fin...
C'est vrai, d'un point de vue narratif, ce volume est effectivement moins réussi que les 3 premiers , et Publishers Weekly en fait une analyse assez juste. Au lieu d'un déluge de problèmes qui forcerait Bella, Edward et Jacob à conquérir leur droit au bonheur, les obstacles arrivent à la queue leu-leu, se résolvent (bien) et laissent aux héros le temps de se remettre de leurs émotions avant de passer au suivant. Même la confrontation finale avec les Volturi, annoncée depuis New Moon, a des allures de soufflé qui retombe... mais à la rigueur, les méchants n'ont jamais été vraiment le fort de la série. Plus ennuyeux, tous les dilemmes qui créaient la tension (sexuelle, morale, etc) dans les tomes précédents a désormais disparu. Beaucoup de sujets épineux sont abordés, et les personnages prennent des décisions parfois discutables; mais la plupart de ces controverses sont adroitement escamotées au moyen d'un retournement de situation commode. A tout le moins il aurait fallu attendre la fin pour amener tous ces dénouements heureux.
Seulement, voilà: j'ai eu beau grimacer, tiquer, protester, voire réprimer un début de nausée (les lectrices devineront quand), je n'en ai pas moins lu ce pavé DEUX FOIS en un week-end... Parce que, comme la plupart des lecteurs, ce que j'aime dans cette série n'est pas la brillance du scénario, mais simplement l'univers merveilleux créé par Meyer et l'affection inconditionnelle que je porte à chacun des personnages. Sur ces deux plans-là, rien ne manque; et si les héros s'en tirent à bon compte, eh bien je suis heureuse de les savoir heureux. Le découpage en 3 parties est certes audacieux et déroutant, mais il permet à Meyer de déployer en technicolor le monde surnaturel que nous n'avions jusqu'ici entrevu. (Et puis, Jacob en narrateur est tout bonnement irrésistible.) C'est vrai, j'ai regretté de devoir dire si brusquement adieu à l'adolescente gauche et palpitante des premiers tomes. Mais plus qu'une Bella transformée, je vois dans la 3e partie une Bella devenue adulte (si l'on peut dire), non plus une adolescente ballotée par des puissances qui la dépassent, mais une femme forte, capable d'agir même en temps de crise, et surtout, capable de se défendre --et de défendre les siens. N'est-ce pas la fin dont rêvent tous les romans d'apprentissage?
En résumé, oui, ce roman est un peu bancal, un peu trop propre sur soi, un peu trop facile, un peu trop rose bonbon sur la fin. Mais après cette (très) longue analyse, ma conclusion (et mon jugement final) se résument en deux mots: ET ALORS ??