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Brel, Barbara, Béjart : Trois artistes pour un spectacle magistral..., 9 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brel / Barbara : Une chorégraphie de Maurice Bejart (DVD)
Réalisé par France BREL pour les "éditions Jacques Brel" en 2006, ce DVD fait revivre BREL et BARBARA, on les imagine présents aux côtés des Ballets de Béjart. La Troupe et ses prestigieux danseurs (Gilles ROMAN/BREL, Elisabeth ROS/BARBARA ) se nourrit du génie des "3 B". Elle danse et mime 13 chansons inoubliables : Rosa, La Solitude, Litanie pour un retour, Chapeau bas, Ne me quitte pas, Dis quand reviendras-tu ?, La valse à mille temps, Mijne vikke land,Avec Elégance , L'aigle noir, Le plat pays et Quand on a que l'amour. Il y a une vraie symbiose entre les Danseurs et les interprétations de BREL-BARBARA sur scène.
Les Bonus du Spectacle (enregistré au Théâtre du Métropole de Lausanne en Avril 2005) nous donnent un entretien de 52 mn avec le chorégraphe. Le son, en 5.1 et les couleurs sont exceptionnels.
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Perfection triple, 14 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brel / Barbara : Une chorégraphie de Maurice Bejart (DVD)
Aux chansons que nous allons voir, la danse ajoute la magie, les films noir et blanc la nostalgie, les films couleurs l'envie et les danseurs la survie heureuse de pouvoir être à jamais.
Rosa ! Couples en étoile à six branches qui entrelacent les pas de deux de tous les mystères de notre civilisation latine et classique de Salomon à Jésus en passant par tous les dominus qui nous ont rythmés nos dimanches.
La Solitude, simple pas de deux un peu découplé, comme désuni, où l'un comme l'autre sont seuls avec l'autre ou l'un, sans jamais vraiment se rencontrer, se retrouver, l'un n'étant que l'ombre de l'autre, un manteau que l'on se partage à tour de rôle, tout le temps, qu'à un seul chaque fois.
Litanies pour un retour, le retour d'un couple blanc reflet d'un couple noir dans un cadre dont ils ne peuvent s'enfuir que pour un tour de scène mental, désir d'un retour, envie d'une retrouvaille qui n'a de force que d'être un espoir.
Chapeau bas ! Admiration devant ce qui est sublime, que cela vienne de la main de dieu ou de la main du diable, peu importe. Le couple noir et le couple blanc forme comme un pentacle avec une rose rouge qui se glisse entre eux et entre eux deux comme une rouge tempête d'une possible suite sans fin, d'une éventuelle fin sans suite.
Ne me quitte pas ! Un tel classique donné tout entier à une femme noire seule devant un fauteuil à bascule, une femme noire qui danse comme une marionnette entre les mains d'un apprenti marionnettiste qui mélange les fils et la tringle. Danse saccadée et désarticulée d'une crainte que l'on sait déjà perpétrée.
Dis, quand reviendras-tu ? La promesse d'un retour est un spectacle rêvé par la femme au fauteuil à bascule. Spectacle vision de désir dénudé, de plaisir promis mais distendu, par trop attendu. Elle ne peut que s'abandonner à ce spectre et abandonner ce mirage souhaitée mais sans avenir.
Une première valse à mille temps avec cinq couples de petits adolescents qui apprennent l'ivresse du champagne à mille bulles tout le temps, de vingt ans à cent ans, et même à mille temps, si à cet âge là on a encore le temps de compter jusqu'à trois. Multiplication des temps, comme des pains et de dix danseurs, binaire pentagone, on passe à quinze, ternaire pentaèdre. Cinq hommes de plus pour ternariser le binaire et faire valser nos pupilles.
Avec élégance, seul, isolé, abandonné, esseulé, désespéré, déserté, liquidé, brûlé de sa jeunesse, oublié dans son âge, comment rester avec les jeunes, que l'on porte en son âme, quand on n'est plus du bon côté de la haie de l'âge. Il n'est enfin plus que seul dans une foule avec pour seule consolation son c½ur qui danse en cette fin d'un temps tonitruant.
L'aigle Noir alors surgit de la tempête. Un couple tout en plumes dans le ciel de la scène. L'oiseau roi, roi de la nuit, roi du jour, roi de tous les désirs sans limites autre que le ciel sur terre. Et deux voiles noires se dressent comme un doublement des ailes de l'oiseau, de cet aigle noir que l'on ne peut peut-être plus vraiment avoir autrement que dans le sommeil ensongé du plaisir mental, le souvenir ennuité des plaisirs d'antan.
Mijn Vlakke Land ! Ô rare plaisir du Flamand de l'au-delà de toutes les montagnes, là où l'Europe se fait si plate qu'on en a plein son assiette, du vent, de la pluie, des brumes et des brouillards. Et l'on sent cette odeur des fritures de ce plat pays. Et l'on sent le sucre cassonade fondre sur la gaufre à la langue de notre gosier gourmand d'une bière sombre comme l'½il de toutes les tempêtes de la mer de ce vlakke land.
Le bon dieu nous emporte alors loin de tout dans un pas de deux de la rencontre des c½urs, des âmes, des mains, des pas, qui se multiplient en fond de scène et tout autour qui en deviennent alors comme...
... Une deuxième valse à mille temps, danse dense et lente dans des tuniques enroulantes jaunes et oranges quand aux cinq couples du début cinq supplétifs s'adjugent, et cinq encore et cinq de plus, et l'on n'en finit ainsi pas de tripler les antichambres pentapyles du destin car la valse est le quinquennal pentagramme de l'avenir quand on le rêve. Et l'ombre de Brel revient pour rendre ternaire le couple divin.
Quand on n'a que l'amour nous emporte dans un tourbillon quand la ronde de la valse s'assoit au pourtour de la scène pour laisser un simple couple de noir vêtu ou à demi-dévêtu danser l'amour qui n'a d'égal que ce qui est beau dans un monde où la beauté nous fait souvent défaut. L'amour est le but, la fin, la finalité la destination, le destin en un mot de chaque croisement de l'inconnu aux carrefours de la vie où la guerre parfois se déchaîne sans que rien si ce n'est l'amour puisse l'arrêter.
Une rencontre inouïe, imprévue mais inévitable entre trois artistes si différents qu'ils en sont les facettes multiples d'une révélation polyédrique. Un voyage à l'autre bout des passions à ne surtout pas manquer à quelque prix que ce puisse être.
Dr Jacques COULARDEAU
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