Si Kaoru Mori, dans Emma, retraçait la vie quotidienne d'une bonne dans le Londres Victorien, ici, bien que l'époque reste la même, le cadre change radicalement : Bride Stories dépeint le quotidien d'un clan nomade en Asie Centrale, et qui dit Asie Centrale, dit grands espaces, yourtes, folklore et traditions.
La trame principale de l'histoire (le mariage d'Amir & Karluk) n'est que prétexte à dépeindre les petits riens qui rythment la vie quotidienne de la jeune fille dans son nouvel environnement. Et si la différence d'âge entre les deux mariés pourrait choquer, Kaoru Mori réussit à insuffler à ce couple singulier une tendresse toute particulière, pleine de pureté.
Ce qui frappe, dans Bride Stories, c'est avant tout son histoire très visuelle. Comme si l'on observait une fresque, le lecteur se perd dans la contemplation des planches, soignées et travaillées. Page après page, on prend plaisir à s'attarder sur les multiples petits détails qui composent ce manga : les costumes, les bijoux, les paysages, les animaux... Les dessins, par leur incroyable richesse, s'apparentent plutôt à de superbes gravures.
Je dirais donc que Bride Stories est un manga d'exception. En s'écartant des traditionnels shôjos, Kaoru Mori nous dépeint une Asie Centrale séduisante, à la fois contemplative et dynamique. Cette nouvelle série pleine de sensibilité plaira aussi bien aux nouveaux lecteurs qu'à ceux qui connaissaient déjà des aeuvres tels que Emma ou Shirley. Bride Stories est une aeuvre qui séduira grands et petits, amateurs de mangas ou non.