Bien que l'histoire contemporaine ait surtout retenu des jeunes écrivains de la génération MTV le Less Than Zero de Ellis; le premier roman d'un des écrivains les plus controversés de la littérature américaine n'aurait sans doute jamais vu le jour si il n'avait été précédé un an plus tôt par la parution d'un ouvrage similaire et signé par celui qu'on met fréquemment en parrallèle avec Ellis j'ai nommé Jay McInerney.
Parfois intitulé Journal d'un oiseau de nuit en français, le premier roman de McInerney a finalement retrouvé son titre original dans les dernières éditions du roman, un Bright Lights, Big City qui correspond mieux à un livre présenté à tord comme un ouvrage sur un noctambule errant dans New York.
Bright Lights, Big City est un roman semi-autobiographique dont l'originalité est d'être narré à la seconde personne. Une bonne idée qui force l'empathie avec le héros anonyme chez qui on retrouve d'ailleurs plusieurs caractéristiques propres à son auteur. Le personnage est par exemple employé d'un journal et travail au département de la vérification des faits, il fut tout comme l'auteur marié à une mannequin et aspire à devenir un écrivain publié.
Sans doute que le livre qui laisse une grande place à la drogue et aux excès de cette jeunesse désabusée n'est plus aussi provocateur et choquant qu'il le fut à sa sortie mais pour autant Bright Lights, Big City n'en reste pas moins un excellent premier roman, aussi drôle et percutant que Less than zero est sombre et apathique. Les thèmes, quoique caractéristiques de cette génération X d'hier, n'en restent pas moins d'actualité et nul doute que les jeunes adultes d'aujourd'hui trouveront un écho dans les aventures d'un anti-héro plutôt attachant.
On a même l'impression que le livre de McInerney va quelque part, alors que Ellis met en scène des personnages paralysés par leur existence. En un sens Bright Lights est plus positif et même si le livre raconte la chute d'un homme sur tous les plans (professionel, sentimental, humain) il parvient à creuser au fur et à mesure pour extirper l'homme qui s'est perdu dans sa vie désordonnée.
Si vous n'avez pas été convaincu par les premiers romans de Bret Easton Ellis mais que vous désirez quand même lire un bon livre sur la génération X, alors Bright Lights, Big city est assurément une bonne alternative. Les amateurs de Ellis ou de Coupland (dont le generation X est finalement assez proche) devraient eux y trouver leur bonheur.