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5.0 étoiles sur 5
Disque organique d'une femme fatale à la voix tout aussi suave que rugissante., 3 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : To Bring You My Love (CD)
On avait déjà franchement adoré les coups de boutoir existentiels, au son revêche et moite, présents dans ses premiers disques (« Dry », « Rid Of Me »).
Mais il me semble que « To Bring You My Love » a apporté une saveur considérable à l'oeuvre de PJ Harvey pour nous y en faire succomber davantage.
Outre un accompagnement musical plus riche, plus ample et plus varié (avec de nombreux bruits étranges, dispersés au fil des morceaux), c'est surtout le travail de la voix de Polly qui déconcerte ici. Voix qu'elle exerce avec panache et témérité (rappelant toujours et encore Patti Smith), qu'elle maîtrise avec une désarmante facilité, et proposant une variété de styles considérable : on passe ainsi du quasi chuchotement (« Working for the Man ») au hurlement presqu'animal (les cris orgasmiques de « Long Snake Moan »). Mais la voix est aussi rauque et grave, presqu'étouffée (« I Think I'm a Mother »), implorante (« C'mon Billy ») ou mystérieuse (« Down by the Water »). Tout cela mis au service d'une palette d'émotions tout aussi nombreuses et souvent radicales, de la douceur sensuelle au dégoût irritant, hargne et blessure toutes exposées.
« To Bring You My Love » voit PJ Harvey transformée en tragédienne de sa propre pièce de théâtre aux allures de messe noire envoûtante, dont les actes narrent avec une précision de scalpel l'expression de l'amour affamé et inconditionnel, en faisant sortir aussi bien la bête sauvage qui est en elle que l'enfant désespéré. Il y a du charme dans ce disque, de la classe, de la sensibilité, de la rage et de la bestialité. C'est terriblement organique, suave, sensuel - mais jamais glamour.
Et puis, il y a des perles : le blues déchirant de « To Bring You My Love » annonce très tôt les deux morceaux intouchables du disque : « Send His Love To Me » et son ambiance baroque, et surtout « The Dancer », ballade langoureuse ensorcelante, contrastant musicalement avec la voix de lionne rugissante de cette femme fatale.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Pleinitude pour cet album très dans les basses, 21 novembre 2000
Par Un client
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PJ fait durer le plaisir de ses intros vrombissantes pour conter des histoires pas possibles. Personne n'a eu à redire à propos de ce disque puisqu'il a tout raflé en prix et récompenses. Il est la consécration complète de PJ Harvey après celle des intimistes puristes du rock indé. L'artiste a visiblement décidé de laisser son masque au vestiaire pour s'ouvrir au monde et nous séduire. Ca promet encore de belles choses.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
To Bring You My Love, 9 septembre 2010
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Un théatre d'ombres et de lumières contrastées. Une myriade de couleurs remplace le noir et blanc d'autrefois. L'agression pure et simple troquée pour un lyrisme qui n'exclue pas les décharges d'énergie. John Parish, vieux compagnon de route, prête ses idées musicales (et ses percussions) toujours singulières à Polly. Entre une chapelle dans le désert et un monde mécanique et sombre, entre le mystique et l'érotique. De la supplique "To Bring you My Love", gospel asséché par des percussions aux échos indiens, à celle inversée de "Send His Love to Me" aux guitares hispanisantes et aux envolées de cordes, un album à genou, de prières, réclamant l'amour de l'homme ou d'un Dieu. L'apparition finale "The Dancer" comme une épiphanie, le chant de PJ tutoyant le sacré avec une grâce nouvelle. Entre temps, un univers aux atmosphères sophistiquées : très Morriconien "Teclo", aux cloches ouvrant des grands espaces balayés par un vent chaud dans lequel Polly veut se perdre; hypnotique "Working for the Man" où le chant susurre par dessus un orgue saturé de fuzz; fascinant" I Think I'm a Mother" à la guitare répétitive et pleine d'allitérations; "Down by the Water", ses drones et ses grincements subaquatiques, son histoire d'enfant noyée, cette voix chuchottée qui fout les jetons. Et deux monstres de lourdeur quasi-industrielle et de tension sexuelle, "Meet Ze Monsta", où Polly se fantasme en Fay Wray, se délectant d'être prise par son monstre, et "Long Snake Moan", orgasme sonique qui écrase tout de sa puissance et de sa densité. Sublime.
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