Ces dernières années, LLyod Cole, auteur-compositeur du légendaire Rattlesnakes en 1984, nous avait habitué à de très estimables albums en chambre, bricolés dans son coin avec une guitare et un ordinateur (faute de moyens...), pour cette raison même un peu étouffants, au son marqué par les synthés et bridé par l'isolement. Ça ne l'avait pas empêché de déployer son remarquable talent de songwriter, mais disons qu'on espérait qu'il allait un jour ouvrir la fenêtre à nouveau et partir enregistrer avec un vrai groupe. C'est fait ! Et le résultat est formidable. Parce que les titres sont là, avec leur évidence mélodique, leurs paroles au cordeau (l'album commence par ces vers incroyables : "Not that I had that much dignity left anyway / Nor could I feign great surprises when she finally walked away..."), parce qu'il n'a jamais aussi bien chanté, et surtout, ces nouveaux morceaux "sonnent" comme du Llyod Cole fin années 80 ou début années 90. C'est vraiment émouvant pour les fans de faire ce petit plongeon dans le passé. Seule nouveauté : l'ambiance countrisante sur certains titres, mais discrète et qui ne gâche rien à l'affaire. De toute façon, Llyod a 50 ans (bientôt) et ne cherche pas à faire dans le jeunisme. Meilleurs titres à mon goût : les pop "Double hapiness" et "That's alright", ainsi que la ballade accordéonneuse "Man overboard". Mais le reste est à l'avenant... Bref, son meilleur disque depuis 15 ans.