Gino Vannelli est une sorte de croisement entre Barry Manilow et Eros Ramazzotti, un crooner aux racines autant jazz que pop, pouvant aussi se rattacher à la grande tradition de la grande variété américaine. "Brother To Brother" n'est pas son album le plus "musical" (écouter plutôt "The Gist of a Gemini", par ailleurs assez ampoulé), mais pas non plus le plus "commercial" (contrairement aux "Black Cars" et "Big Dreamers" des années 80); à mi-chemin entre ces deux tendances, cet album (disque de platine aux Etats-Unis, également le plus vendu et le plus renommé de son auteur) est un parfait équilibre faisant la part belle aux mélodies aux arrangements de haut niveau. Il faut dire qu'avant cet album, GV en a déjà sorti cinq, ce qui lui a permis, lui et ses accompagnateurs (tous musiciens de haut-vol) d'atteindre une sorte d'excellence, d'autant plus que l'inspiration est aussi au rendez-vous.
On balance ici entre fougue aux accents jazz-rock emplis de groove et slows suaves gorgés de feeling, le tout ponctué de solides solis de guitare (Carlos Rios) voire de saxophone et renforcés d'impeccables choeurs essentiellement féminins, sur fond de synthétiseurs qu'affectionne beaucoup Joe Vannelli, le frère de. A noter également la géniale basse-synthétiseur (jouée par Leon Gaer), une spécificité propre aux albums de Gino Vannelli, que l'on retrouve sur plusieurs titres, vraiment irrésistible.
Très bon album, dont les meilleurs moments sont pour moi "Appaloosa", "Wheels of Life", à faire fondre les plus endurcis, "The River Must Flow", "I Just Wanna Stop" (Grammy Award) et "Brother to Brother", énormissime, que j'avais entendu pour la première fois à la radio et dont l'audition m'avait ammené à découvrir ce musicien et chanteur aussi excellent qu'attachant.