MDG nous offre un couplage classique des deux oeuvres de chambre de Bruckner. Le quatuor est une oeuvre de jeunesse, mais le quintette est une oeuvre de maturité, d'une longueur imposante et constitue évidemment l'attrait principal de cet album. A-t-il vraiment voulu composer de la musique de chambre? Le quintette nous parait plus en effet comme une symphonie en réduction (pour le nombre d'instruments, pas pour ses dimensions) que comme une oeuvre intimiste ou Bruckner aurait confié ce qu'il ne pouvait dire dans ses symphonies.
Il se présente donc comme une successions de rêveries lentes, ponctuées par l'édification de cathédrales sonores très "feierlich" (solennelles) comme dans ses symphonies. Le quatuor de Leizig, formation à mon avis trop méconnue nous en livre une admirable interprétation. Pourvu d'une technique et d'une cohésion sans faille, mais aussi d'un son somptueux, il parvient sans peine à dominer les climax sonores de l'oeuvre, tout en habitant sans laisser s'installer le moindre ennui les parties lentes. On retrouve toutes les caractéristiques de ce que peut être un (ou des) interprète brucnérien dans ce disque qui est finalement un prolongement logique de son oeuvre symphonique.