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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Gunter Wand n'enregistra qu'une seule fois la Symphonie n°9...,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bruckner : Symphonie N° 9 (CD)
...dans des conditions studio : le 10 juin 1979, dans le cadre de son intégrale avec l'orchestre de la Radio de Cologne.La douzaine d'autres témoignages sont issus de concerts publics : le 24 juin 1979 à la Basilique d'Ottobeuren avec l'orchestre radiophonique de Stuttgart, en juin 1988 à la cathédrale de Lübeck avec l'orchestre radiophonique de la NDR (RCA), en mars 1993 avec le même orchestre à la Musikhalle de Hambourg (RCA), en avril 1993 avec le Deutsches Symphonie-orchester de Berlin... Et ici en septembre 1998 à la Philharmonie de Berlin. Déployer le Feierlich misterioso en 26'11 permet d'étirer les phrases, de peaufiner les contre-chants et désinences habituellement obscurcies dans le tissu polyphonique, de soigner les effets d'irisation. Ainsi, l'arpège déroulé par les violons (2'57-3'00), les violoncelles à 14'27 vers la réexposition du premier thème en tutti... Ralentir le pouls de ce mouvement engendre incidemment des plages de statisme (7'11-8'01) qu'on peut sentir achroniques, absorbées dans la contemplation mystique. A d'autres moments, (la conclusion à 20'57-), ces langueurs semblent percluses, harassées, figées dans l'indigence -aux antipodes de toute héroïsation, de toute « übermenschliche Willkraft » (réécoutons Herbert von Karajan en 1966 avec la même phalange pour en trouver un certain exemple). Non seulement la structure temporelle, mais aussi la signification me semblent réorientées par Wand. Ne doit-on pourtant conserver à ce premier mouvement une certaine vitalité dramatique si on ne veut induire l'auditeur à y confondre solennité et neurasthénie ? sérénité et ataraxie ? Poésie orante et hypothermie ? Avec un tel orchestre, même en live, nulle peine à engrener la mécanique bien huilée du Scherzo. Doit-on réécouter Wilhelm Furtwängler pour se rappeler cependant quelles affres se cachent dans cette danse macabre ? Sigmund Freud décrivait la religion comme un sentiment océanique. Etymologiquement, le lien qui réunit. Immensité fusionnelle de la congrégation dans son rapport intime à la transcendance. Eugen Jochum écrivait que le musique de Bruckner se déploie « à partir d'une paix éternelle en Dieu notre Seigneur », précisant que les crescendos se développent généralement « dans le balancement d'un mouvement circulaire que seule l'absolue régularité du tempo peut rendre ». Il y a tant de manières de comprendre, de laisser entendre l'Adieu à la vie du "Langsam Feierlich" ! S'affranchir des chaînes terrestres, comme Jeanne d'Arc fagotée sur son bûcher ? Une âme qui brise ses attaches terrestres pour s'élever ? Avec Wand, la sérénité semble d'emblée acquise. Les pics d'intensité seront désamorcés avec le stoïcisme d'une quiétude qui se protège (les cordes moelleusement adoucies à 15'20-). Les rares épisodes où il accélère notablement l'allure (9'20-10'47, 14'18-14'58) sont compensés par une plénitude orchestrale qui empêche toute agressivité. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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