...et sans compter les multiples « live » exhumés par tel ou tel label, tous les enregistrements brucknériens de Karl Böhm furent réalisés avec le Wiener Philharmoniker. C'est le cas de la Symphonie n°7, qui fut gravée
en juin 1943 pour le label Vox, et refaite pour Deutsche Grammophon en septembre 1976 -le dernier disque que le maestro autrichien consacra au compositeur.
Diapason d'or, version recommandée comme prioritaire par le "Guide Fayard des Indispensables du CD" : la révérence semble obligée.
Orchestralement, le résultat se montre en effet très convaincant sur ces aspects : polyphonie très lisible, nuances dynamiques nettement marquées, phrasés rigoureux (certains diront rigides...), mélanges instrumentaux bien discernés. Tout cela structuré par d'intelligibles proportions rythmiques. L'édifice sonore s'érige comme s'il se registrait à la console de l'orgue.
Si vous cherchez une stricte valorisation de l'architecture et de la pureté prosodique, cette transparente interprétation peut laisser admiratif.
Voilà une version très accessible par la lucidité de sa conception, mais a-t-elle quelque chose à nous communiquer ?
Sous cette baguette, le sentiment de l'Adagio (écrit comme un hommage à Richard Wagner récemment disparu) peut ainsi sembler trop sec, la substance narrative de l'Allegro trop froidement mise en place.
Quel vertige derrière la scansion du Scherzo ? Quelle construction émotionnelle dans le Finale ?
Selon que vous privilégiez la chaleur expressive ou l'organisation formelle de cette oeuvre, l'évaluation de l'album peut osciller entre trois et cinq étoiles.
Je n'ai pas encore eu l'occasion d'entendre l'
enregistrement public du 5 avril 1977 avec l'orchestre de la Radio bavaroise mais à ce qu'en disent ses avisés commentateurs, ce témoignage ne paraît pas menacé par l'intimidante roideur de la présente mouture viennoise.