Critique
Après les sommets de 1972 avec
Machine Head et
Made In Japan, la sortie de
Who Do We Think We Are a été une déception. D’autant que la bataille larvée des egos a fait deux victimes avec les départs du charismatique chanteur Ian Gillan et du talentueux bassiste/arrangeur Roger Glover.
Les arrivants, David Coverdale au chant et Glenn Hugues à la basse tous deux issus de Trapeze, sont choisis pour ne pas faire trop d’ombre à Ritchie Blackmore et, accessoirement, à Jon Lord. L’apport de David Coverdale à
Burn est pourtant, loin d’être dépourvu d’intérêt, sa voix radicalement différente de celle d’Ian Gillan, plus
bluesy, moins proche du registre de Robert Plant ; va donner une couleur différente aux nouvelles compositions du groupe et l’aider à se régénérer.
Burn est effectivement un très bon album avec en ouverture six minutes de folie sur le titre homonyme de l’album, qui a l’urgence et la démesure des meilleurs titres du groupe, l’ensemble est plus « heavy » qu’à l’accoutumée, c’est certainement l’album le plus « blackmorien » de Deep Purple, où transparaît clairement son admiration passée des Yardbirds et autres Faces.
« Mistreated » devient vite un des nouveaux morceaux de bravoure du groupe : la guitare plaintive de Blackmore y donne un écho saisissant aux feulements de David Coverdale, qui est immédiatement adopté par les fans pour cette performance digne de
« Child in Time ».
Burn maintient Deep Purple sur les sommets mais l’effacement de Jon Lord au profit de Ritchie Blackmore ne laisse rien présager de bon pour la suite, l’équilibre entre les deux leaders étant essentiel à celui du groupe.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story