Le dernier grand Ben Harper? Je ne ferais pas ce diagnostic, mais après cet album, j'ai toujours trouvé à redire de ses disques (malgré des moments plaisants).
Ici Ben Harper prend le parti pris de l'éclectisme (celui qu'il arrivait à intégrer dans chaque morceau, le rendant reconnaissable entre tous), diversifiant chaque titre. Et ça marche, il y a encore cette identité forte, on sent qu'il veut se faire plaisir en rendant hommage à tous ses amours. Burn to Shine a une place de choix dans la discographie. Il arrive à point nommé disons, après trois disques qui ont vu Ben harper évoluer dans son style propre et parvenir à des sommets, il était temps d'essayer de changer. Ce qui fait que ça marche, c'est surtout qu'il a beaucoup d'idées, que les morceaux sont bons, les riffs, lignes de voix, rythmiques, tout le monde y croit et ça s'entend. On ne s'y perd pas, cette diversité nouvelle présente une forte cohérence (le contraire de 'Both side of the gun' en gros). Tout est teinté de cet esprit d'une vieille Amérique mythifiée, celle qu'il a du connaître à travers les histoires de son grand-père dans son atelier de lutherie. La pochette exprime le contenu, et l'album commence par un morceau magnifique très western (bah alors Charlie Winston, on écoute Burn to Shine?). Vient le somptueux 'woman in you', au son et riff proche de 'Little wing', très bien chanté. Jolis textes...Chaque morceau a un intérêt propre, pour un album partagé entre le mélodique (two hands of a prayer), le rock (Burn to shine, Less), et le voyage temporel (Suzie Blue, In the lord's arms). Steal My Kisses vient réhausser le tout d'une pointe de gaité, avec son human beatbox très bien intégré, et mention spéciale pour l'excellent 'Forgiven' avec une belle montée en puissance. Cet album, c'est ce qu'il est et ce qu'il aime, et moi je l'adore.