Etta James est une des grandes dames du rhythm'n'blues, qui depuis les années 50, enregistre albums sur albums, en écrivant, arrangeant, produisant. C'est une femme de poigne, indépendante, bref, une grande figure féminine dans ce monde très mâle de la musique... Ce BURNIN DOWN THE HOUSE propose de la retrouver lors d'une session live, chaude comme la braise. La dame a vieilli, sa voix n'est plus aussi agile qu'avant, et sa technique s'apparente plus au parler qu'au chanter. Ce qui n'empêche pas l'ensemble de swinguer, grâce notamment à une section cuivre puissante. Les titres rapides sont balancés avec entrain, comme « I just want to make love to you » son grand tube, ou la reprise du classique « Rock me baby » féline à souhait, et une version assez réussie de « You can leave your hat on » crée par Joe Cocker. Mention spécial au terrible « Something's got... » toute en nonchalance et vivacité à la fois. Les titres rythmés alternent avec des ambiances plus soul, bluezy (à défaut de blues purs et durs), comme le très joli « I rather go blind », ou le long meddley final, ambiance soul / gospel.
Si on peut reprocher à cet album un son, un aspect un peu trop « propre », et l'alternance systématique des tempos lents et médiums, on reste pantois devant le talent d'Etta James, la maîtrise de son chant et de l'orchestre, reine des lieux, sa couronne de « dernière grande dame de la soul » définitivement accrochée au brushing. Du bon, du grand, du puissant !