Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés inspirés de produits similaires(De quoi s'agit-il ?)Soyez le premier à ajouter un mot-clé pertinent (fortement associé à ce produit)
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"C'est le mensonge que j'aimais",
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : M Butterfly de David Cronenberg avec Jeremy Irons, Barbara Sukowa (DVD)
Un petit bijou stylisé de Cronenberg (avec, au passage, un générique de début qui rappelle Peter Greenaway) servi par l'interprétation magique de Irons, complétée par le troublant John Lone.Un film politique, tout d'abord : sous fond de guerre froide, nous sommes plongés dans la Chine communiste des années 60. Espionnage loin, très loin d'un regard mécanique hitchcockien, par exemple. Ce n'est pas "l'Etau" ni "le rideau déchiré". Ici, tout est déguisé, subtil, mis en scène, les secrets circulent avec fourberie et une féérie étrange. Ici, les services secrets, c'est tout le monde. Critique, en-deçà, du Parti et de la fougue révolutionnaire : l'intolérance et la rigidité idéologique des communistes (maoïstes, pour être exact). La révolution chinoise déteste l'art, à la manière des spartiates, car elle sent le danger de l'artifice qui n'est autre que de la raison dénudée. La scène finale est magistrale. Elle implique le fait divers dans l'artifice qui devient mis en scène comme une tragédie shakespearienne où derrière un grotesque discipliné se dissimule une tragédie d'une fine élégance. Sans oublier la musique de Howard Shore, l'une des plus belles de sa carrière à mon avis, qui résume à elle seule l'esprit de ce film, partagé entre fantasmes étranges de l'Orient et appel à la transcendance, à une métaphysique des convenances et des codes. Cronenberg manipule la norme et nous invite à comprendre nos attirances : "c'est le mensonge que j'aimais" dit Gallimard à sa créature. La dénudation est repoussante. Seul l'artifice excite et génère la passion. Le début de la relation amoureuse est toujours esthétique. Dans son rapport hégélien de dominant/dominé, Maître/esclave, Irons devient dépossédé par la nudité, il est aliéné par l'artifice. Il joue et joue encore et encore le souvenir de son fantasme parce qu'il n'a pas voulu dépasser l'art ; le refuge de l'art pour repousser la foi. La foi aurait été d'assumer son attirance, sa nudité. La déception n'était qu'une révélation. Une apocalypse du sentiment, du corps... et de l'âme. Il s'agit d'un grand film. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|
|
|