Ce roman à plusieurs voix raconte une histoire terrible.
Elle se déroule sur quelques décennies et nous présente une famille de riches colons dont les membres n ont jamais connu que cette belle terre de Cassagne sur laquelle ils sont nés, ont grandi, ont aimé
Lors des évènements de la guerre d Algérie, cette famille se retrouve décimée, puis éparpillée.
Il m est difficile de parler de cet ouvrage car on ne sort pas indemne d une telle lecture.
Tant de haine, tant de souffrance, tant de ranc½ur mettent à mal le lecteur qui se trouve envoûté à la fois par le magnétisme de ce pays sauvage et magnifique qu est l Algérie et par les voix multiples qui se répondent au fil des pages.
Les vivants interpellent les morts, les morts tourmentent les vivants
Chacun raconte la manière dont il a vécu les évènements et explique ses choix : rester, partir, résister, souffrir
Chacun trouve les mots pour dire son amour ou sa haine de ce pays.
Pas de parti pris dans ce roman, car ce n est pas le propos de l auteur, même s il nous rapporte le choc terrible de deux cultures, deux mondes qui ne se comprennent pas et s affrontent violemment pour la terre.
Au fil des pages, les voiles se lèvent et le destin de chacun des personnages nous est révélé.
Forcément tragique, forcément violent
Pourtant la voix de Fatima, la domestique, seule autochtone à s exprimer, apaise un peu le propos : elle n a ni haine, ni remords, juste une grande peine et la peur du lendemain.
Le style si particulier de l auteur, la ponctuation quasi inexistante, les répétitions lancinantes de certaines phrases, tout concourt à nous entraîner dans ce fleuve de mots.
Ce roman parlera sans doute à de nombreuses générations déracinées, rapatriées
Pour ma part, ma méconnaissance du sujet a quelque peu freiné mon enthousiasme, si tant est que ce mot soit approprié.
Une pensée me revenait sans cesse
Cette terre n était pas la votre, mais j entends votre souffrance.