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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un road movie biblique,
Par Patrick Godart (Paris France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Caïn (Broché)
Le prix Nobel de littérature portuguais qu'est José Saramago avait déjà abordé la Bible dans l'évangile selon Jésus Christ.Ici nous voilà plongés dans l'ancien testament sous la forme non d'un roman, mais plutôt d'un conte, un peu à la façon du Candide de Voltaire, où le rôle du héros est tenu par un caïn qui cherche à comprendre, parfois avec une certaine naïveté, les évènements auxquels il est confronté : destruction de sodome et gomorrhe, les filles de loth, sacrifice d'isaac, fils d'abraham, les trompettes de jericho, moîse et le veau d'or, la tour de babel, et pour finir le déluge. Toute l'histoire est connue d'avance, et l'épilogue de ces épisodes ancré dans notre patrimoine culturel le plus profond. A vrai dire, ce qui fait la grande richesse de ce roman très surprenant, est la profonde humanité donnée à caïn, et ses interrogations vers un seigneur tout puissant qui n'hésite pas à faire mourir ses enfants, par milliers, un seigneur qui parie avec satan sur la foi de job, et qui épargne caïn pourtant assassin de son frère abel, "seulement" condamné à errer en terres bibliques sur son âne. Lequel caïn, on s'en doute bien, ne comprend pas les "voies impénétrables " de ce seigneur qui n'hésite pas à tuer les enfants de sodome, alors qu'ils sont pour caïn tout autant innocents qu'isaac condamné à mourir de la main de son propre père, juste pour éprouver la foi en ce seigneur sanguinaire. Il y a assuremment une réflexion philosophique de toute une vie sur le sens du bien et du mal, sur la religion, sur Dieu lui même, que J Saramago nous livre ici, sous des dehors parfois très badins et pleins d'humour " d'ailleurs chers anges, d'où provient l'idée extravagante que dieu, du seul fait qu'il est dieu, doive régenter la vie intime de ses fidèles en établissant des règles, des prohibitions, des interdits et autres fariboles du même tonneau, demanda caïn". Le lecteur pourra être surpris par l'aspect road movie du roman, avec des périgrinations de caïn faisant fi de l'espace et du temps, mais support très efficace d'une humanité dans laquelle on se reconnait volontiers. La vraie surprise, ce sont les passages parfois très crus où sont évoquées les pratiques sexuelles, comme si Saramago avait forcé le trait pour se départir d'une écriture trop biblique et ancrer le propos dans la plus primaire matérialité humaine, non encore culpabilisée par la religion. Pour finir, comme à son habitude, Saramago, dans cet ultime roman, utilise sa syntaxe et sa ponctuation si particuliers, sans majuscules notamment, comme je viens de le faire, pour citer ses personnages. Assurément un très beau roman qui nous plonge dans de profondes réflexions et interrogations. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
l'ancien testament revu par un auteur plein d'humour caustique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caïn (Broché)
Caïn, condamné par Dieu après le meurtre de son frère Abel, erre à travers certains épisodes de l'ancien testament et l'auteur nous démontre la méchanceté de Dieu (nom qu'il écrit sans majuscule) et sa mauvaise "foi"On sent la jubilation que José Saramago a éprouvée en écrivant ce texte, plein de remarques ironiques et anachroniques. Non recommandé aux croyants pratiquants sans humour Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Quand Caïn erre dans la Bible en regardant Dieu...,
Par polopoëte (Neuchâtel, Suisse) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caïn (Broché)
Comment se positionner face au dernier livre de José Saramago ? Mon avis est partagé devant ce livre étonnant...Il est vrai que José Saramago nous offre un voyage intéressant à travers l'Ancien Testament, avec de l'humour et quelques idées plaisantes. L'auteur portugais entame son roman par le début, la Genèse, bien sûr, pour nous montrer dès les premières pages un Dieu étrange, un peu contradictoire, qui n'est nullement qu'amour, mais très exigeant envers ses créatures. Vous connaissez l'histoire, le péché originel, le bannissement d'Eden, puis les deux enfants, Caïn et Abel. Devant la dédaigneuse réaction du Seigneur devant son offrande, Caïn tue son frère, car il ne peut tuer Dieu. De cet épisode, découle toute un discussion entre Dieu et le fratricide : si Dieu n'avait pas voulu que Caïn tuât son Abel, il eût suffi d'accepter son offrande, ou de ne pas mettre l'os qui servit d'arme du crime. Bref, Dieu condamne Caïn à l'errance, le marquant pour que personne ne puisse le maltraiter. Et c'est là que toute l'imagination de Saramago peut se déployer avec humour et un brin d'innovation fantastique : Caïn erre dans le temps, avance et recule dans différents "présents" où il est témoin de la cruauté de Dieu, de son incohérence, de sa perfidie. C'est lui qui arrête le bras d'Abraham quand celui-ci l'abaisse pour sacrifier son fils, devançant, par chance!, l'ange à qui la tâche était dévolue et qui avait rencontré quelques problèmes d'itinéraire. Sodome et Gomorrhe, Jéricho, Babel, Noé, etc. voilà les destinations de Caïn. Si son humour (Dieu irait-il jusqu'à sacrifier son propre fils, comme Abraham ?) et son ingénieux dispositif de déplacement temporel amènent de plaisants effets dans ce récit, on ne peut s'empêcher de critiquer Saramago sur sa lecture de la Bible, qui est, on peut le dire, au pied de la lettre, au premier degré, sans recul, une lecture digne, malheureusement, des plus grands fondamentalistes. C'est peut-être son seul grand défaut, à mon sens. Toutefois, si l'on regarde au plus près les lettres du roman, peut-être parviendra-t-on à voir, derrière le masque de Caïn, se débattre José Saramago contre ce Dieu et son texte sacré qui ont tenu et tiennent un place trop grande dans notre monde. Dans l'incompréhension de Caïn, c'est celle de Saramago que l'on ressent, ses traumatismes, peut-être, d'une éducation chrétienne trop rigide, son dernier pied de nez à la religion avant de passer outre tombe. Ou peut-être peut-on y voir une critique de la lecture à la lettre de la Bible, qui montrerait, justement, un Dieu odieux et contrerait par là même des arguments fondamentalistes ? (Mais je vais peut-être trop loin...) Pour conclure, le dernier Saramago est intéressant, plein d'humour, innovant, mais il peut aussi fortement déplaire à de grands lecteurs de la Bible. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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