Christophe Willem ne participera pas au plateau de
Nouvelle Star. Christophe appelle Zazie maman. Durier a invité « Super Nanny » sur son dernier clip. L’un des chanteurs français les mieux payés de ces dernières années est fan déclaré de Kanye West, et implore régulièrement la Madone afin de pouvoir rencontrer un jour Madonna.
Le nouvel album de « La Tortue » s’accompagne donc de révélations aussi palpitantes que propices à rallumer la flamme de l’intérêt pour un lauréat, parmi tant d’autres, d’un de ces exercices télévisés qui laisse accroire que la chanson peut se laisser enfermer dans le cénacle d’une académie pour rire. Le natif d’Enghien-les-Bains (son casino, son fantôme d’Arletty) aura en effet choisi de se hâter lentement (
tortue, on vous dit), et consacré deux années à la préparation de ce redoutable exercice : le deuxième album que ça passe ou ça casse dans la carrière d’un jeune chanteur.
Les intérêts en jeu impliquent naturellement que le garçon ne se soit pas embarqué dans l’aventure seul et démuni. L’accompagnent en effet au gré des refrains Kylie Minogue (
« L’Homme en noir » et son sample gainsbourien, en fait reprise du
« Sensitized » de l’Australienne), ou Skye (l’une des découvertes sensuelles du moment, et farouche praticienne de sa guitare, qui plus est, pour
« Trash », duo mi-érotique mi-jus de fruits). Et on peut également relever dans
Caféine (Cri-Cri confesse ne consommer que du Coca-Cola Light) les spectres affectueux de Jennifer Ayache de Superbus, Zazie (encore), et quelques autres. Voire quelques incunables empruntés entre autres à Britney Spears.
Mais la grande affaire de l’entreprise reste naturellement la voix flûtée et haut perchée du patron, et son goût vorace pour une pop funk qui plonge ses racines dans l’époque bénie où Chic et Earth, Wind & Fire régnaient sur la planète. La règle du jeu impose les inféodations (à Zazie ter, ou à Mylène Farmer), et une valse-hésitation finalement séductrice entre MP3 et dance-floors, d’autant que le programme du jour ménage un indiscutable virage vers le strass de l’electro. Puis, au mitan de quinze chansons (et quelques bonus en remix), résident de troublants instants de charme (
« Holé holé » et ses tentations jazzy), où les muscles de détendent de trop de trépidations : le délicieux
« Yaourt et lavabo » nous offre un chanteur (presque) nu, et absolument pas dupe de l’épopée.
Et, assez curieusement enchaîné avec le précédent,
« Si je tombais » rappelle à propos que Willem n’a finalement besoin que de quelques arpèges de piano pour prendre ses distances avec le marketing. Une indication pour celui dont un des clips fut élu
produit de l’année ?
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story