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Ce commentaire fait référence à cette édition : Caldara : La Conversion de Clovis, Roi des Francs (CD)
Courrez acheter ce double CD avant qu'il n'y en ait plus !Cet extrait du livret : En 1709, Caldara, de retour à Rome, succède a Haendel comme musicien du prince Francesco Maria Ruspoli, qui logeait alors au palais Bonelli et pour lequel il compose au fil des années quatre opéras, trois intermezzi, dix oratorios, quelques serenate et un grand nombre de madrigaux, de cantates et de duos vocaux. Il travaille aussi pour le Cardinal Ottoboni et le prince Colonna, riches mécènes romains, puis il épouse en 1711 la chanteuse Catheriona Petrolli . Cette même année, Charles de Habsbourg devient empereur du Saint Empire romain germanique, le sixième du nom, et il gagne aussitôt Vienne. Dès 171 Caldara séjournera dans la capitale autrichienne pour solliciter un poste auprès du nouveau monarque son ancien protecteur. Mais il ne pourra obtenir le poste convoité qu'en 1716, un an après la mort de Marc Antonio Ziani, maître de chapelle de la Cour, Johann Joseph Fux succède alors à œ dernier et Caldara, ayant obtenu son congé du prince Ruspoli, se rend à Vienne en passant par Salzbourg , pour l'assister comme vice-maître de chapelle. Il occupera cette fonction jusqu'à sa mort vingt ans plus tard, puisque Fux, pourtant plus âgé lui survivra quelques années. Caldara meurt à Vienne le 28 Décembre 1736 dans le même quartier, celui des Italiens au service de la Cour, où Vivaldi s'éteindra de façon plus obscure cinq ans plus tard. On ignore comment il se fait que, malgré ses importante revenus, il ait été à ce point endetté que l'empereur daigna octroyer 12 000 florins à sa veuve pour subvenir à ses besoins. Caldara laisse plusieurs centaines d'œuvres de toutes dimensions et presque exclusivement consacrées à la voix : près de 80 opéras écrits sur des livrets d'Apostolo Zeno et de Pietro Metastasio, 38 oratorio, 50 serenate et une centaine de cantates, des centaines de motets, près de 30 messes, certaines dans une rigoureuse écriture contrapuntique a capella et d'autres dans le style concertant le plus luxuriant, quelques sonates, des madrigaux et environ 500 canons vocaux. L'art de Caldara ne connaît pas ue éclipse immédiate, comme ce fût le cas après leur mort pour Vivaldi et beaucoup d'autres musicien de l'époque célèbres de leur vivant. Le musicologue anglais Charles Burney lui voue encore, dans les années 1780, une grande admiration. Ce n'est que progressivement qu'il tombera dans l'oubli. Mais certains connaisseurs, comme Brhams et von Köchel, apprécieront encore en plein XIXe siècle ses grandes qualités de polyphoniste et la souplesse de son expression mélodique. Plus près de nous, Roland de Candé dira que « sa musique réalise une magnifique synthèse du style choral vénitien, du style mélodique etharmonique napolitain et du Baroque viennois, qui était alors à son apogée ». Proche cousin de l'opéra, l'oratorio en langue italienne, ou oratorio volgare, a supplanté, dès la fin du XVIIe siècle, l'ancienne « histoire sacrée » en langue latine, dont Giacomo Carissimi avait été le plus grand représentant. Faisant intervenir divers personnages historiques ou symboliques, sans le recours au récitant et en laissant de côté les chœurs, il se présente lui aussi comme une succession de récitatifs et d'arias da capo caractérisés. Dans son Dictionnaire de Musique, publié eu 1703, Sébastien de Brossard le décrit comme « une sorte d'opéra spirituel, [...] dont le sujet est pris ou de l'Écriture ou de l'histoire de quelquesaint ou sainte, ou bien c'est une allégorie sur quelqu'un des mystères de la religion, ou quelque point de morale», et il ajoute que « rien n'est plus commun à Rome, surtout pendant le carême que ces sortes d'oratorio ». On chantait dans les salons privés, mais sans représentation scénique, de semblables œuvres lors des périodes de l'année liturgique où les opéras étaient interdits ' le service des liqueurs remplaçait alors le sermon qui aurait pris place entre les deux sections de l'œuvre si elle avait été donnée à l'eglise ! Les oratorios que Caldara compose à Rome pour le prince Ruspoli peuvent se ranger en deux périodes, où l'on peut observer une rapide évolution stylistique, Comme le note Adélaïde de Place, « les premiers, c'est-à-dire ceux écrits vers 1708 et 1710, sont encore imprégnés de l'influence vénitienne, les derniers, composés entre 1712 et 1715, sont marqués par les empreintes élégantes du premier style galant ; [leur] tournure est simple, lumineuse et souple ». Ce développement voit l'allègement de l'accompagnement instrumental ' on peut douter que la richissime aristocratie romaine ait été guidée à ce chapitre par un souci d'économie ! En effet, "l'orchestre tend à se réduire à deux parties de cordes soutenues par la basse continue, [celle-ci] plus présente que les violons dans la ligne accompagnatrice, alors que lestessitures vocales des solistes semblent s'orienter vers l'aigu, parfois avec suppression des voix graves ». (Un voyageur allemand entend, le 31 mars 1715, dans un oratorio de Caldara, « un grand nombre demusiciens, trois chanteuses [dont sans doute l'épouse du compositeur] et un petit castrat ».) Écrit sur un livret de Sigismondo Capece ' il avait rédigé celui de La Résurrezione de Haendel en 1708 ', créé à Rome le 14 avril 1715 au palais Bonelli et prévu pour quatre voix solistes et un ensemble de cordes sans alto, auquel on peut joindre des vents, l'oratorio La Conversione di Clodoveo, Rè di Francia appartient a cette catégorie. Les arias y sont « accompagnés par l'orchestre ou par une basse continue très dynamique, [et elles] adoptent généralement la forme da capo et un style vocal dramatique chargé de mélismes, de coloratures et de passages arioso ». Par ses récitatifs libres, ingénieux et expressifs, par ses arias à la fois variés, sensibles et émouvantes,et souvent conçues sur un rythme de danse, l'œuvre est marquée par le souci, habituel à cette époque, de rendre musicalement les inflexions du texte et de bien caractériser les personnages ; les arias, tour à tour guerrières, gracieuses, tourmentées ou confiantes se succèdent selon la nature des sentiments éprouves par les personnages. L'œuvre raconte comment le belliqueux Clovis fut amené à se convertir à la foi chrétienne pour l'amour de sa femme, la belle et pieuse Clotilde. La première partie montre d'abord Clovis, roi des Francs ' aussi nommés Sicambres ', désireux de partir en guerre. Clotilde lui reproche de ne chercher que la gloire et, ne cachant pas son inquiétude, lui donne le conseil suivant : Quand tu seras dans le péril le plus grand, n'oublie pas que le Dieu que j'adore est le Dieu des combats. » Clovis et le capitaine Uberto partis, Clotilde confie ses peurs à Rémi, évêque de Reims et futur saint, qui la rassure par ces mots : « Souvent il advient que naissent par la vertu du ciel lui même, de semences de douleurs, des moissons de bonheur » Bientôt le capitaine Uberto revient, porteur de mauvaises nouvelles ; devant la défaite prévisibl, Clovis lui a confié de protéger la reine. La seconde partie s'ouvre sur les appréhensions de Rémi qui se prépare à fuir avec Clotilde et Uberto. Mais Clovis revient et annonce sa victoire, qu'il attribue au Conseil de sa Reine. Il raconte qu'au moment de perdre la bataille, et après avoir invoqué Mars en vain, il en a appelé avec succès au Dieu des chrétiens. Adhérent maintenant à la vraie foi, il déclare : « Ainsi, par la vertu de cette victoire, ton Dieu seul j'adore. » Puis. Clovis demande à Rémi de préparer « le rite sacré par lequel pleuvront, sur la chevelure royale, les grâces divines du saint baptème. Après la cérémonie, un duo d'amour, ou les voix se suivent et s'entrelacent en tierces et sixtes, unit les deux Epoux dans la même foi et termine l'oratorio. En conclusion, puisque l'œuvre de Caldara relate un des mythes fondateurs de l'histoire de France, laissons l'auteur de la Légende Dorée, Jacques de Voragine, nous raconter que, « quand ils arrivèrent aux fonts baptismaux, où il n'y avait pas de saint chrême, voici qu'une colombe apporta dans un bec une ampoule avec le chrême, dont le pontife oignit le roi ». Depuis lors, « cette ampoule est conservée dans l'église de Reims, et aujourd'hui encore on s'en sert pour donner l'onction aux rois de France ". Enfin, l'Histoire rapporte que c'est à l'occasion de son baptême le 25 Décembre 496, peu après la victoire de Clovis à Tolbiac contre les Alamans, que saint Rémi aurait prononcé le célèbre : « Courbe-toi, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré ! » © François Filialrault, 2010. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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