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5.0 étoiles sur 5
Doré sous le soleil de Californie, 13 septembre 2000
Après des années de tâtonnements expérimentaux, il semble que les membres de Mr Bungle aient enfin trouvé la pierre philosophale qui leur a permis de transmuter leur musique parfois obscure et la transformer en l'or le plus pur. En effet, à l'image de leur Californie natale qui a donné son nom à ce troisième opus de leur exploration musicale, la musique de Mr Bungle est un melting-pot de diverses influences qui n'étaient pas destinées à se rencontrer. Les deux premiers albums, pourtant très bons, n'étaient jamais qu'un patchwork de ces multiples courants musicaux assemblés avec un grand talent mais sautant inopinément d'un style à l'autre, ce qui faisait cependant partie du charme de leur musique, il faut bien l'admettre. Ce troisième album marque un tournant dans la carrière de Mr Bungle car toutes les influences ne sont plus assemblées mais fondues en un tout cohérent gardant le meilleur de chacunes. Une véritable alchimie musicale. « California » est une pure merveille, un travail d'orfèvre dont on ne se lasse pas de découvrir les multiples facettes. La profondeur et la complexité du son est en partie la conséquence de l'adjonction d'une véritable section d'orchestre avec entres autres violons, violoncelles, cors et clarinettes. Ajouter à cela un Mike Patton au sommet de son art et des musiciens du même acabit et vous obtiendrez un réel chef d'œuvre auquel ces cinq étoiles suffisent à peine.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
tellement beau qu'on en attraperait un syndrome de Jerusalem, 13 septembre 2000
A l'image de l'état qui lui donne son nom, « California » est une terre d'influences diverses qui promet des fruits uniques à la récolte. On y retrouve tout ce qui fait que Mr Bungle est unique et irremplaçable : une musique innovante et sans concession nimbée d'une fièvre créatrice, un délire perpétuel à la technique irréprochable. A la différence près que cette fois ci, on n'a pas l'impression que les nombreuses influences ont été recrachées et assemblées mais adaptées à la sauce Bungle tout en gardant le meilleur d'elles-mêmes.. On nous propose de visiter un pays ou les beach-boys peuvent cotoyer une musique aux influences balkaniques, où un crooner de music-hall peut se transformer en hurleur de metal, où guitare et basse électriques vibrent à l'unisson avec violons et violoncelles. En même temps qu'une ouverture à divers courants musicaux, Mr Bungle parvient à s'ouvrir à un public plus large sans pour autant faire un effort dans ce sens. C'est presque incroyable à dire à propos de ce groupe, mais Mr Bungle à bel et bien mûri, sans prendre une seule ride. Une douzaine d'années d'expérience et toujours la fraîcheur et l'énergie des débuts. Un réel chef d' d'art contemporain et un finale dans la plus pur tradition bunglesque dont le titre, « Goodbye sober day », promet encore beaucoup de bonheur aux amateurs.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
California, 13 janvier 2011
Bienvenu en Californie, la fin du mythe de la frontière américaine, le monde du rêve, du soleil et de la pop. La fin de l'histoire pour Mr. Bungle tiraillé entre ses membres fondateurs, surtout Trey Spruance et Mike Patton qui, revenu de l'aventure Faith No More, imprime comme jamais sa marque sur le groupe. Riches de leurs expériences passés, les membres du groupe le plus brillant des années 90 atteignent ici une maturité dans la composition qui leur présageait des lendemains qui chantent. Mr. Bungle pop, accessible, mélodieux, mais sans perdre une once de sa folie, de sa particularité, de son ambition de faire conjuguer toutes les musiques du monde en un seul bouillon de culture frémissant et orgasmique. L'amour des mythes, des années 50, du rock'n roll, du jazz, du surf, des longues limousines aux pare-chocs chromés. Patton chante comme un dieu, transfiguré en crooner génial, en chanteur de charme, en authentique soulman, même si en parallèle il continue à déverser des rires inquiétants, faire du beatboxing ou grogner des onomatopées comico-terrifiantes. Mr. Bungle multiplie les trouvailles et les idées d'arrangements uniques et surprenantes, même dans de sublimes balades apparemment simples "Sweet Charity" ou "Retrovertigo". Les horizons s'ouvrent, du moyen-orient "Ars Moriendi", et sa furie balkanique contagieuse, à d'autres monde venus d'ailleurs, indescriptible "Golem II: The Bionic Vapour Boy", comme un funk bien raide pour créature tout en glaise. Patton dans un club de jazz entouré d'un orchestre de malades mentaux, ça doo-woop à qui mieux mieux "None of Them Knew They Were Robots", qui ne cesse de sortir des rails pour mieux y retomber avec une frénésie incontrolable. Une sorte d'inquiétude qui pèse dans l'air tout de même, "The Holy Filament", dialogue ambient entre guitare et piano, et un chant avec claviers élégiaques et flottant, mystique à mort, prediction de fin du monde ? Car sous la pop californienne plein d'harmonies vocales se cache un cauchemar "The Air-Conditioned Nightmare", Mr. Bungle tels les garçons de la plage pris par je ne sais quel virus. Même la soul impeccable de "Vanity Fair" dissimule un pont aux orgues un peu menaçants. Et puis deux des meilleurs morceaux du groupe, et du monde, le sensationnel "Pink Cigarette", slow qui tue, littéralement, au gimmick oriental de début de couplet et à la montée en puissance de Patton au refrain qui donne des frissons, avant le suicide sonore final; et le final, "Goodbye Sober Day", extraordinaire délire, exotica-lounge sous drogue dure avec ses descentes et ses remontés, Patton qui ensorcelle avec sa voix de muezzin, fermez les yeux, écoutez, et tremblez quand surgissent de nul part les "tcahkatchakatchak" affolants qui tranchent l'air d'un seul coup, rejoints par une escouade de riffs puissants comme la Terre qui s'ouvre, tel le Big One tant attendu. Big One pour Mr. Bungle, qui s'écroule, ses membres dispersés chacun vers d'autres aventures, Trey Spruance et ses Secret Chiefs 3 en tête, reprenant un autre étendart pour porter le flambeau, alors que Patton et Dunn multiplie les formations et les collaborations, se croisant parfois par l'intermédiaire de John Zorn, le père spirituel. La boucle est bouclée, Mr. Bungle est en morceaux, mais il vit encore.
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