Cette série devait faire l'évènement, dans le genre plus osé, plus trash, plus incorrect... Cela devient lassant à force, cette surenchère, vendue et rabâchée. Au final, CALIFORNICATION pousse assez loin les limites du bon goût, c'est vrai, mais avant tout, cette série est drôle, très drôle.
David Duchovny interprète un écrivain très tendance, à LA, divorcé, ivrogne, j'm'en foutiste et obsédé sexuel. Plutôt que d'écrire le roman que tout le monde littéraire attend, il préfère picoler, et s'immiscer dans la vie sentimentale de son ex femme, bien décidé à la reconquérir.
CALIFORNICATION décrit donc les affres alcooliques d'un quadra en pleine remise en cause, dans la ville ou "tout est possible", entre son ex, sa fille ado, son pote éditeur. A chaque épisode correspond un coup d'un soir, une biture, des fâcheries. Autant de scènes portées par le talent des acteurs, mais surtout, par les dialogues et les situations rocambolesques. Ce qui a toujours fait la force des sitcom américaines, c'est l'écriture. On imagine les dizaines de scribouillards débitant des répliques cultes à la minute, dégainant les bons mots, et particulièrement pour cette série, les obscénités au kilomètre. La première scène, filmée sur un morceau des Stones "You can't always get what you want" est tout bonnement fabuleuse, et laisse augurer du meilleur. Mais ne attendez pas à du NIP/TUCK, ce qui prime ici, c'est la comédie, le vaudeville, les portes et les paires de baffes qui claquent, sur un rythme rapide (des épisodes de 26 minutes), et beaucoup, beaucoup de sexe, du sexe cru, mais drôle. On est plus proche de SEX AND THE CITY.
Cette première saison est réjouissante, sans être novatrice ni exceptionnelle. Mais attendons la suite pour se faire une idée. Les producteurs vont-ils diluer leur vitriol dans l'eau de rose, ou surenchérir dans le trash ?