Huit ans après avoir triomphé dans un rôle de marginal dans Orange Mécanique, Malcolm McDowell se voit offrir le rôle du plus déjanté des empereurs romains: Caligula. Ce film possède le budget le plus pharaonique du cinéma dit érotique et on ne peut qu'admirer le résultat de cette superproduction qui relate le règne de cet empereur aussi bref que sanguinaire au cours de cette période qu'on appelait la décadence romaine. Cette décadence romaine est merveilleusement exposée et exhibée au travers de multiples scènes érotiques voire à certains moments pornographiques. Le scénario tient la route et enchaîne une succession de scènes d'amour et de tortures sexuelles parfois à la limite du supportable reposant sur un rythme très soutenu et possédant une densité extraordinaire. Au menu de ce film érotique et historique: tentatives d'empoisonnement, meurtres, tortures, maladie, folie et trahisons viennent décomposer un film aussi dément que son interprète principal McDowell qui s'en donne à coeur joie, qui trouve ici le rôle le plus marquant de sa carrière et qui délivre une composition ahurissante dans ce rôle de dégénéré qui lui colle à la peau. Les décors qui entourent le film sont impressionnants de réalisme et de beauté, la musique de Prokofiev qui accompagne le film donne de la légèreté à certaines scènes qui peuvent choquer par leur immoralité ou par leur violence. Tous ces paramètres donnent un résultat plaisant pour un public cependant très averti! Caligula malgré sa sulfureuse réputation mérite tout de même un autre label pour toutes ses qualités scénaristiques, ses acteurs exceptionnels et cette mise en scène magistrale qui attire l'oeil du spectateur pendant deux heures et vingt-huit minutes et qui plus que le soumettre à un choc pourtant existant lui dévoile la véritable nature humaine qui vit depuis des millénaires et qui prouve dans le même temps que l'humain avance dans le progrès technique mais reste figé au niveau de ses pulsions sexuelles et violentes. Un film culte, dérangeant et terriblement humain!