Critique
Comme son prédécesseur, et à l’instar de son successeur,
I’m Still in Love With You décline les très riches heures de la soul des années soixante-dix.
Le caractère de la voix céleste du chanteur est proclamé avant même la première mesure de musique, grâce à une pochette immaculée qui traduit parfaitement l’innocence de l’époque : niché dans un fauteuil tout droit sorti du film
Emmanuelle, on suppose bien que ce gars est cool. On a raison. Car le duo Willie Mitchell/Al Green fait une fois de plus mouche dans sa capacité à créer une musique sensuelle, sophistiquée sans mièvrerie, et swinguante.
Outre l’habituel contingent de parfaites réalisations faites maison (dont la chanson-titre, co-signée Mitchell, Green, et par le batteur Al Jackson, où la tête d’affiche a l’intelligence de réduire son chant à un murmure, magnifiant la mélodie), on nous offre ici la première incursion de l’homme de l’Arkansas au royaume de la country-music, grâce à une reprise du «
For the Good Times » de Kris Kristofferson, ainsi qu’une version du «
Oh, Pretty Woman » empruntée à Roy Orbison, et magnifiquement ralentie. Deux arguments supplémentaires pour rendre ce disque indispensable à toute discothèque raisonnée.
I’m Still In Love With You parviendra en première position des charts de musique noire (et en quatrième place de ceux de musique pop). Quant aux singles, leur liste (
« I’m Still In Love With You » 1
er,
« Love And Happiness »,
« Look What You’ve Done For Me» 2ème) se suffit à elle-même.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story