Entre l'époque "Gabriel", les dérives "grand public", et cette tentative désespérée de maintenir le bateau à flot, on peut sans se tromper affirmer que jamais aucun groupe d'équivalente notoriété n'aura subit autant de controverses au cours de sa carrière.
Cette fois-ci pourtant, on ne saurait poursuivre toutes ces allégations, tant cette dernière mouture de Genesis se sera montrée audacieuse.
En premier lieu, fini les morceaux mièvres (certains) de l'ère Collins. Genesis, pour ce que je connais de ses oeuvres, ne nous aura jamais offert musique plus sombre que celle qui nous est proposée ici.
Construit autour de 11 morceaux, dont quelques uns s'étirent souvent sur près de 7 ou 8 minutes, "Calling all stations" est une abysse qui nous conduit la plus part du temps en terrain progressif, dans une tonalité et une dominance de climats lents.
Sur la durée, c'est sans doute ce qui fait défaut à cet album. D'autre part, on peut légitimement se poser la question suivante: Ray Wilson, au timbre si diamétralement opposé à celui de Phil Collins, était-il le meilleur choix à faire de la part de Banks et de Rutherford ? D'autant que là aussi, on constatera (très vite ?) que d'un morceau à un autre, la très belle voix grave de ce chanteur ne joue que sur un seul registre. Monocorde ? Pas réellement... Linéaire et dépressive en tout cas !
"Calling all station" aura principalement souffert de ça: Cette presque constante linéarité du chant, ajoutée à cette succession de titres atmosphériques et trop lents. L'album n'est cependant pas mauvais et contient son lot de beaux moments. Comme en atteste le très revigorant "The dividing line". Un titre faisant ouvertement la nique à son ancien batteur, grâce à une éclatante tournerie de Batterie au milieu du morceau.
Le son quant à lui est très très organique (décidément !!), et remarquablement produit.
Vous laisserez vous tenter ? I Calling all sceptiques. 14/20