En plein mouvement féministe Paul et Albert décident purement et simplement d'abandonner femmes et enfants.Alors que la gentes féminine appelle à un désir de reconnaissance et d'égalité, les deux hommes eux ne demandent rien d'autre que de vivre selon leurs envies.Paul tout d'abord, Gynécologue, n'en peut plus de voir s'allonger sur le siège dédié aux consultations, les femmes dénudées, jambes écartées, attendant qu'il vienne les exciter à l'aide de ses doigts gantés...Alors que l'une d'entre elles attends patiemment, allongée les cuisses ouvertes tout en se grattant le vagin, Paul, assis derrière son bureau, se prépare un gargantuesque sandwich.Alors qu'il s'apprête à l'engouffrer, il tombe nez à nez avec cette vision peu ragoûtante d'un sexe usé par les années et qui semble l'inviter à l'ausculter d'un oeil mort.Laissant tomber blouse blanche et patiente, il s'échappe du cabinet pour retrouver l'air de la ville, respirant un bon coup alors qu'il se retrouve enfin sur le bitume.Maintenant qu'il vient de réussir à fuir ses responsabilités, voilà qu'une femme s'approche de lui pour lui demander un service.Il se fera bien sûr un devoir de l'envoyer chier avant de croiser la route d'Albert...
Albert lui-même a fuit ses responsabilités.Sa femme fait déjà partie du passé mais il en a tout de même gardé un souvenir de valeur pécuniaire : Une forte somme d'argent.Lui et Paul, tergiversent sur leur condition d'hommes et décident très rapidement d'aller se réfugier à la campagne loin de toute civilisation et surtout loin des femmes afin de vivre enfin pour eux seul le genre d'activités propres aux hommes.
Manger, encore et encore.Et dans des proportions hallucinantes, comme une cure de jouvence que Paul se fera un devoir de faire suivre à un Albert pas tout à fait encore sevré de sa femme.Les repas ressemblent très vite à du gavage d'autant plus que la nourriture y est riche, très riche même.On se fiche d'attraper cholestérol et diabète à l'image des héros de "la grande bouffe" tant qu'on reste entre hommes et que l'entité féminine ne vient causer aucun désordre dans la vie paisible de nos deux hommes.Le pire, c'est que ça commence à se savoir et que derrière eux se rallient des dizaines, des centaines de leurs congénères qui fuient dans les campagnes tels les juifs de 39-45, les nazi(e)s en porte-jarretelles.
L'armée finit toutefois par venir prêter main forte aux femmes en chaleur qui n'ont jamais autant regretté l'absence de leurs conjoints (maris et (ou) amants).Une armée (re)composée exclusivement par un "beau" sexe agressif et surentraîné.L'homme a de quoi se faire du soucis d'autant plus que depuis quelques temps il semble s'être ramolli.Une solution de repli tout à fait inattendue va le voir se réfugier à l'abri d'une "grotte-vagin" aux proportions inimaginables, comme un retour dans le ventre maternel...
Film à mille lieues des conventions,"Calmos" ressemble au film d'un homme misogyne décidé à régler une bonne fois pour toute son compte à celle qui partage son existence depuis la nuit des temps.Halluciné, surréaliste, misogyne, guerrier, orgiaque, "calmos" l'est.Le film démarre de façon plutôt classique pour devenir au fur à mesure un délire presque totalement incontrôlé.Comique, dramatique, musical "calmos" l'est aussi.Les dialogues eux sont simplement irrésistibles comme à chaque fois chez Blier même si vers la moitié du film l'ennui s'installe.Mais même involontaire, ce petit passage à vide nous prépare à l'incroyable guerre que prépare la gentes féminine pour reconquérir l'homme.Certaines scènes ne peuvent avoir été pensées que sous certaines drogues telle celle ou les deux personnages principaux (interprétés par les géniaux Marielle et Rochefort) servent de cobayes sexuels à des myriades de femmes en manque de sexe qui les unes après les autres vont s'empaler sur ceux en perpétuelle érection des deux hommes.La fin elle même fait figure d'e classique puisque pour échapper de manière définitive à leurs chasseresses Paul et Albert ne trouvent rien de mieux que d'escalader une falaise pour enfin se réfugier dans une grotte que l'on reconnaîtra sans mal comme étant un immense vagin...
Un film dont le sujet fera peut-être encore malgré les années grincer les dents de certaines mais qui il faut l'avouer, avec ses dialogues incisifs et son interprétation magistrale sera un véritable moment de détente, jouissif et drolatique à vivre seul.................ou accompagné de sa moitié.....