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Ceux qui n'ont pas la mémoire qui flanche, et qui se souviennent de trois garçons dans le vent qui sévissaient sous la bannière des Charts entre 1989 et 1997, le connaissent déjà. Débarrassé de son surnom, Charlie, et de son image polie, Calogero est parti "Prendre l'air" chez Pascal Obispo et Zazie, pour devenir un chanteur "En apesanteur". Après trois années passées
Au milieu des autres, le chanteur grenoblois confirme ses talents de mélodiste avec un deuxième album solo. Sous la houlette de Pierre Jaconelli, complice habituel de Zazie, Axel Bauer ou Johnny Hallyday, Calogero, voix frêle et torse musclé, jongle avec ses multiples références, de Cure à Ennio Morricone. Et de ballade romantique "Partir ou rester" en refrain énergique "En apesanteur" convainc un public friand de sonorités variété-rock enjolivées d'accords piano-guitare ou d'arrangements electro. En bonus : Françoise Hardy en goguette avec "Une dernière chance". À saisir d'urgence.
--Sabrina Silamo
Platine
Remis en course en 2000 avec un premier album solo au succès d'estime (
Au milieu des autres), mais aussi en qualité de mélodiste avec ses participations plutôt remarquées sur les derniers albums de Pagny, Fiori, Ségara ou des
Dix Commandements, l'ex-leader des Charts passe le cap du deuxième album avec élégance. Escorté du brillant Pierre Jaconelli à la réalisation (cf. Zazie, Bauer, Hallyday...), le protégé d'Obispo confirme ici en douze titres très variés son ambition d'allier des mélodies plutôt efficaces et nourries d'influences très larges, allant de la pop à la variété traditionnelle, et des textes bien ficelés et en phase avec son tempérament profond, sombre et tourmenté.
Pour ce faire, il s'est entouré de paroliers haut de gamme, dont plusieurs étaient d'ailleurs déjà présents sur son premier album : Alanna Filippi et Lionel Florence (coauteurs du premier single "Aussi libre que moi"), mais aussi Patrice Guirao (croisé sur les
Dix Commandements), Pierre Grillet, sans oublier deux guests de choix : le très prometteur Raphal et surtout Françoise Hardy. Un cadeau que le jeune homme doit apprécier à sa juste valeur, quand on se rappelle qu'il a souvent repris sur scène des chansons de l'icône des 60's.
Au final, si on apprécie l'heureuse conjugaison de discrètes sonorités électroniques avec des arrangements plutôt pop-rock, et les efforts déployés par Calogero pour affiner sa personnalité vocale, de vraies réussites comme "En apesanteur" (une bien jolie idée...), "Prouver l'amour" ou "Tien An Men" (même si on ne peut s'empêcher de regretter que le titre ait déjà été utilisé par Johnny en 1991 sur
Ça ne change pas un homme) devraient permettre à cet enfant du Rock d'acquérir une popularité méritée après treize ans de carrière.