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UNE ARGUMENTATION SERVIE PAR UNE PLUME BIEN TREMPEE, 9 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Camp de la Guerre (Broché)
Jean-François KAHN « Le camp de la guerre » « Critique de la déraison impure » Edition Fayard Avril 2004 L'invasion de « impérialiste » de l'Irak et le paradoxe infernal : « Oppression démocratique contre résistance antidémocratique » avec comme conséquence un peuple soumis à une double barbarie.... Jean-François KAHN , directeur de l'hebdomadaire « Marianne » possède une plume facile, alerte et une argumentation incisive...Cette réputation de polémiste non dénué de talent n'est pas usurpée... Je ne suis pas toujours en accord avec l'ensemble de ses affirmations notamment quand il brocarde et classe tous les léninistes dans le même sac... Mais qu'importe, son argumentation est forte et sans faille et de toutes façons je ne recherche pas dans un livre un auteur miroir qui exprimerait mes pensées... Ceci étant dit, j'avoue que je partage l'essentiel de son analyse et que je souhaite que cet ouvrage soit effectivement lu par tous ces intellectuels néo libéraux, venant parfois de l'extrême gauche qui ont soutenu l'intervention américaine en Irak. Le parallélisme qui sert de fil à plomb de ce livre entre le stalinisme et l'impérialisme bushiste est implacable et convaincant : « Dans les deux cas, on extrémise la normalité : pour les uns tout gouvernement « bourgeois » est intrinsèquement « fasciste » ; pour les autres, toute extension du champ de la sécurité sociale est « totalitaire »...Dans les deux cas, la fin justifie les moyens, dans les deux cas on veut faire le bonheur des peuples contre leur gré par la force au nom d'intérêts diplomatiques, politiques ou économiques propres. Jean-François KAHN explique les raisons qui ont poussé l'administration « républicaine » à passer d'un armement biologique et chimique de Saddam Hussein, soutenu et couvert à une guerre totale, justifiée par un mensonge éhonté : les armes de destructions massives qui n'existaient plus, au moins depuis la fin de la première guerre du golfe... Cette guerre a eu comme effet de renforcer les intégristes dans tout le Moyen Orient et cette fameuse « libération » a réussi de forger l'unité du peuple irakien contre l'occupant qui tue, détruit et torture ( C'est moi qui rajoute car le livre a été écrit avant la découverte de la pratique massive de la torture). Cette guerre : « cette absurdité suprême, absolue, que sont l'invasion et l'occupation de l'Irak, à l'issue d'une guerre juridiquement indéfendable, légalement insoutenable, rationnellement impensable parce que impensée, logiquement inimaginable, moralement injustifiable, politiquement ingérable »...Tout ceci au nom de droit et de la démocratie... De cette démocratie qui est aujourd'hui haïe par des peuples qui devaient par miracle applaudir et accepter les dirigeants fantoches que l'oncle Sam leur présentait... « Oppression démocratique contre résistance anti-démocratique : imagine t-on le choc qu'induit une terme inversion » et les dégâts plus que collatéraux, actuels et à venir ! Jean-François CHALOT
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Le camp de la déraison impure, 2 août 2004
Par Un client
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Jean-François Kahn donne un parfait exemple de patriotisme nauséabond (à tout prix justifier la position française de 2003), d'incohérences en chaîne (le simple titre du livre en dit long sur l'ouverture de l'auteur, qui ne parle quasiment jamais de Saddam Hussein et nous ressert tous les clichés réchauffés d'un anti-américanisme ridicule vieux de 100 ans) et d'arrogance navrante. On peut hélas craindre que cet auteur, qui va à l'encontre de tous les spécialistes sur le sujet (lire Irak An 1 de Pierre Rigoulot) ne trouve écho dans une France malade de sa haine anti-américaine et de sa tolérance profonde pour les nouvelles dictatures et le terrorisme. Jean-François Kahn nous exhorte à suivre ses conseils : pour mieux viser le terrorisme islamiste, commençons par nous tirer dans le pied, à attaquer les pays qui lui font face et à laisser tranquilles les pays qui le supportent. Puis, pour justifier tout cela, brandissons l'argument de la paix pour tolérer une dictature et celui de la tolérance ethnique pour justifier trois génocides successifs et la non-intervention dans des régions supportrices du terrorisme (Iran-Irak-Syrie-Iran-Arabie Saoudite-Soudan-Yemen). Le camp de la paix qu'encense Jean-François Kahn n'est rien d'autre que le camp de la déraison et de l'irresponsabilité. Il est temps de réveiller les consciences, non pas de les atrophier définitivement comme essaie de le faire M. Khan.
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Une tête mal faite, 18 juin 2004
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Une personne qui s'informe régulièrement sur ce qui se passe en Irak, ne serait-ce qu'à travers la presse, n'apprendra absolument rien de nouveau dans ce livre. Un livre qui se limite dans une large mesure à compiler des informations connues. Jean-François Kahn, le journaliste, n'a fait aucune enquête. Ce n'est donc pas d'un travail journalistique qu'il s'agit. Jean-François Kahn s'est voulu intellectuel et nous propose une grille de lecture qui, me semble-t-il, devait représenter l'apport principal du livre. Malheureusement l'auteur échoue lamentablement et la raison de son échec consiste principalement dans l'essentialisme déconcertant de sa grille de lecture. Ainsi selon lui, l'Amérique de Bush demeure malgré tout motivée par la libération et la démocratisation de l'Irak, quels que fussent les mensonges, quelles que fussent les manquements au droit internationale, quels que fussent les crimes, quelle que fut l'usurpation des élections américaines en 2000, quel que fut la nature profondément antidémocratique de l'idéologie néoconcervatrice de Wolfowitz, quel que fut le fondamentalisme d'Aschcroft, quelle que fut la corruption de Cheney, quel que fut le bellicisme de Rumsfiel. En face, des fondamentalistes musulmans et uniquement des fondamentalistes musulmans, fanatiques et ennemis de la démocratie. Cette grille de lecture, simpliste au plus haut point, permet à l'auteur de se fondre en lamentations cyniques sur les démocrates qui agissent comme ils l'ont fait en Irak. Voilà ce qui ressort des 20 premières pages du livre et qui suffit largement pour mettre celui-ci de côté et passer à des lectures plus enrichissantes. Cependant, celles et ceux qui, comme moi, ont quand même eu le courage d'aller au bout du livre, auront sans doute constaté que les faits que l'auteur aligne les uns à côté des autres contredisent de bout en bout les termes de sa propre grille de lecture : assassinats extrajudiciaires, clientélisme, concessions aux fondamentalistes islamistes, torture, pillage du pétrole, mort de milliers d'innocents depuis le début de la guerre, etc. L'auteur a trop d'expérience dans la vie pour savoir que ce dont il s'agit là c'est bel et bien d'un néo-fascisme qui ne diffère en rien du fascime qu'il prétend combattre. Pourquoi dans ce cas, J-F Kahn tient-il avec autant d'acharnement au manichéisme de sa grille de lecture ? La réponse est simple : il est terrorisé par l'idée d'être qualifié d'anti-américain. Il est une victime, encore une, de la terreur intellectuelle qui sévit un peu partout dans le monde démocratique. C'est là le grand paradoxe. J-F Kahn se revendique et est satisfait d'une démocratie qui ne lui permet pas de s'exprimer librement sans avoir donné des gages de bonne volonté à ceux qui, autrement, l'écraseraient comme ils ont écrasé d'autres avant lui, celles et ceux qui ont eu l'audace de dire la chose simple que voici : la démocratie n'a rien d'un état définitif identifiable par des critères objectifs. La démocratie est un idéal, une autopie heureuse, jamais définitivement achevée. Et c'est pour cette raison qu'elle doit être continuellement construite car dans l'espace politique que cette construction rend possible, il y aura toujours des personnes tentées par une forme ou une autre de fascisme. Sans concession aucune au fondamentalisme islamiste, un(e) authentique démocrate se doit de dénoncer les néo-fascistes là aussi sans concession aucune. Peu importe que les prénoms de ces derniers soit Georges, Paul, Dick, Donald ou John.
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