Quand vient l'heure du verdict, il faut bien se rendre à l'évidence : cet album déçoit. Pourtant, la trame de l'histoire est solide, la fin surprend, et certaines idées comme le frère qui regarde la télé (je ne révèle rien) sont vraiment bien trouvées. Le scénario est visiblement issu d'une longue réflexion préalable tant il est bien ficelé. Mais une fois possédées la trame et les grandes lignes d'un scénario, encore faut-il s'occuper des détails. Et c'est là que le mât blesse, on a ici trop souvent l'impression d'assister à du remplissage pur et simple visant à atteindre les quarante pages contractuelles. Scènes inutilement ralongées, dialogues trop plats, le comble étant atteint avec l'interrogatoire de l'ancienne bonne, séquence qui n'apporte strictement rien à l'album, ni humour, ni cynisme, ni progression de l'intrigue, juste une page de gagnée. Tout cela est d'autant plus regretable que Canardo constitue un parfait héro de bande dessinée, il a une tronche inoubliable, un caractère bien marqué, bref un charisme qui pourraient lui valoir le titre de héro culte. Des albums tels "La mort douce" ou "Noces de brume" démontrent le réel potentiel de la série. Peut être est-il temps pour l'auteur de passer la main à d'autres scénaristes, recette qui a plutôt bien réussi à un certain cowboy il y a longtemps ?