L'inspecteur Canardo nous séduit par son aspect "has-been", dépassé, à la limite de la marginalité, proche du célèbre inspecteur Colombo (la bière en plus). Même imperméable, même dégaine, même absence apparente de surprise devant les criminels.
Dans cet opus, les sentiments exaspérés que peuvent faire naître les oenologues sont bien décrits même avec la complicité qu'il convient, et de même, le village, ses "vignerons", qui produit une vinasse vendue sur la route des vacances à côté de la pompe à essence.
J'aime bien ce Canardo qui se prend régulièrement les pieds dans le tapis des sentiments glauques, non finis, brumeux. Les vapeurs de mauvais vin et de digestifs pas très digestes y contribuent particulièrement dans ce volume.
Il manque cependant le charme des premières enquêtes aux atmosphères éthérées, mouillées, qui désarmaient le lecteur. Je pense à "L'île noyée", à "L'Amerzone", au "Chien debout" et à "La marque de Raspoutine".