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23 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Les sauvages ne sont pas forcément ceux que l'on croit !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cannibal Holocaust (DVD)
Partie à la recherche de tribus cannibales, une équipe de reporters dirigée par Alan Yates disparaît dans la jungle amazonienne sans laisser de traces. Quelques mois plus tard, l'anthropologue Harold Monroe est envoyé sur place pour tenter de retrouver leur trace. Arrivé chez les Yacumos, il ne retrouve que leurs ossements et quelques bobines de film, qu'il parvient à se faire remettre par la tribu.De retour à New-York, il est pressé par les médias de présenter au grand public le film retrouvé. Néanmoins, soucieux de monter un documentaire cohérent, Monroe, accompagné de quelques responsables télévisuels, va se livrer à une prévisualisation des bobines : l'horreur qu'ils vont y découvrir les conduiront à abandonner le projet. On y voit en effet Alan Yates et son équipe massacrer, torturer et violer les membres des tribus rencontrées afin d'obtenir des images chocs. Ils ne seront guère déçus car les indigènes en toute logique, exerceront sur eux leurs justes représailles... Ruggero Deodato n'est pas l'instigateur du genre ethnologique où l'indigène du coin est forcément cannibale, puisque quelques années auparavant sortait "Au pays de l'exorcisme" de Umberto Lenzi, suivi par "La montagne du dieu cannibale" de Sergio Martino ou encore de sous-produits comme "Cannibal ferox" ou "Mondo cannibale"... Pas évident de faire dans l'originalité dans un genre assez pauvre en soi, qui n'est en fait qu'une déclinaison de films d'aventures assaisonnés de chair humaine. Reprenant les thématiques qu'il développait deux ans plus tôt dans "Le dernier monde cannibale" (inspiré de l'héritier Rockefeller disparu en Papouasie dans les années 60) Deodato, parmi le pannel de nanars qui peuplent sa filmographie, se démarque de ses prédécesseurs avec "Cannibal holocaust", reconnu comme le plus controversé des films de cannibales et l'un des films d'horreur les plus révulsants de l'histoire du cinéma. L'entrée en matière, limite idyllique, ne laisse guère présager des horreurs que réserve la suite. Les premiers plans d'une jungle magnifique, sont bercés par une douce mélodie du prolifique Riz Ortolani ("Danse macabre", "La vierge de Nuremberg"...), progressivement employée à contre-emploi, sur fond d'images de plus en plus atroces. Cette première partie nous montre la rencontre de deux civilisations diamétralement opposées. Monroe le comprend très bien au point que les pratiques "monstrueuses" qui l'entourent ne le choquent même plus, comme si elles étaient parties intégrantes de cet enfer vert. Le film utilise dans la seconde partie le principe du documentaire dans le film, déjà vu dans "Punishment park" de Peter Watkins et repris dans le plus récent "Projet blair witch" (que Deodato a voulu attaquer pour plagiat, avant de se raviser au vu des moyens nécessaires). Autant ce dernier privilégie le style suggestif, autant "Cannibal holocaust" fait dans l'explicite et ne lésine pas sur les effets gores, que Deodato réussit à magnifier grâce à une réalisation magistrale, notamment lors de l'issue du film. La caméra à l'épaule en perpétuel mouvement, ne cadrant jamais avec insistance, a de quoi donner la nausée, pas tant en raison des atrocités, qui sont souvent à peine aperçues, mais du fait de la mise en condition du spectateur par cette vision furtive. L'ensemble est filmé avec un réalisme tel qu'on jurerait voir un véritable reportage, et c'est de là que "Cannibal holocaust" tire sa force. De surcroît les images du documentaire ont délibérément été vieillies dans le genre vieille pellicule Super 8 afin de le rendre plus crédible, ce qui accroît encore la sensation de malaise. "Cannibal holocaust" provoqua de nombreux remous à sa sortie en raison des images extrêmement violentes qu'il comporte. En effet les séquences d'horreur s'y succèdent inlassablement : des jambes tranchées à la machette, une femme avortée "manuellement", une autre violée avec une bûche hérissée de clous, une émasculation au biface, un empalement, des dépeçages à la pierre polie s'y étalent sans retenue. Sans compter les multiples massacres d'animaux qui ont réellement été commis face à la caméra. Le film a rapidement été interdit en Italie ainsi que dans une soixantaine de pays, et lourdement censuré ailleurs, comme en France. Une fois l'interdiction levée en 1983, Deodato tira profit de ce bannissement pour en faire un élément-clé de la promotion du film. Toutes les scènes de violence à l'encontre des humains ont fait l'objet de trucages particulièrement convaincants, en particulier la scène d'une femme empalée sur un pieu, d'un réalisme qui laisse sans voix. Des rumeurs ont circulé faisant état d'un snuff-movie, d'autant plus que Deodato aurait fait signer une clause aux acteurs, leur interdisant de jouer pendant un an pour faire croire à leur mort. L'ambiguïté du concept a joué en sa défaveur, puisque Deodato s'est vu accusé par la justice italienne d'avoir mis en scène de véritables meurtres à l'écran. Il sera finalement relaxé après avoir prouvé que les exactions envers ses acteurs n'étaient que des trucages. Pour s'en convaincre, la justice italienne alla jusqu'à demander au cinéaste de recréer dans la salle de procès le truc utilisé pour la scène de la femme empalée par un bout de bois... "Cannibal holocaust" a également déchaîné la colère des associations de protection des animaux : en effet l'équipe du film a eu l'autorisation de tuer des animaux, et elle l'a fait abondement devant les caméras : pécari abattu à bout portant, tortue décapitée et vidée, rat planté au canif, singe décapité, serpent tailladé à la machette, mygale coupée en deux... Ruggero Deodato s'est défendu en arguant que les animaux avaient ensuite été mangés par les indigènes et que les quotas de chasse avaient été respectés. Bien sûr certaines scènes sont éprouvantes, toujours est-il qu'il n'y a pas eu torture comme on a pu l'entendre (la tortue qui gigote pendant qu'on la vide suit le même principe que les canards qui courent une fois décapités). Evidemment parmi les différentes critiques, personne ne semble s'offusquer de la mort d'une mygale, qui n'est pourtant comestible pour personne... "Cannibal holocaust" n'innove pas non plus à ce niveau, le buffle d'"Apocalypse now" ne pouvant malheureusement plus en témoigner, mais ça passe tout de suite mieux quand c'est Coppola... Les mangeurs de viande devraient s'interroger sur la façon dont leur steak a bien pu arriver dans leur assiette car la mise à mort d'une vache en abattoir n'est pas moins sanguinolente... Ce qui gêne dans le film est surtout l'abondance et le caractère répétitif des mises à mort. Le jeu des acteurs est assez réussi et Francesca Ciardi (Faye), Perry Pirkanen (Jack), Anders Luca Barbareschi (Mark) et Gabriel Yorke (Alan) plutôt convaincants dans leur rôle de reporters se transformant progressivement en bourreaux. Robert Kerman n'est pas mal non plus dans le rôle du professeur Monroe, surtout lorsque l'on sait que l'acteur évoluait à l'époque essentiellement dans le milieu porno. Pour finir, les Indiens sont tout à fait crédibles et pour cause, ce sont des vrais recrutés sur place dans la jungle colombienne. Au-delà d'un film d'horreur, ce film est un remarquable pamphlet, dans lequel Deodato confronte deux civilisations différentes pour interpeller sur la notion de sauvagerie. Arrivés en Amazonie, les reporters plongent rapidement dans un tourbillon de violence qui les amène à renier toute moralité. Les sauvages ne sont pas forcément ceux que l'on croit, et l'on se rend vite compte que les cannibales sont des enfants de chaeur comparés à certains représentants de notre société, forts de leur prétendue supériorité occidentale. Les cannibales de leur côté, ne dérogent pas à leurs croyances et agissent selon leur coutume sociale. Ce qui relativise par là même la "valeur" des cultures et rend caduque l'accusation de racisme dont le film a également pu être taxé. Deodato nous renvoie également à de nombreuses interrogations sur le rôle des médias. Jusqu'où peut-on aller pour un scoop ? A la manière de films comme "C'est arrivé près de chez vous", "Cannibal Holocaust" met en scène une vision acerbe du métier de reporters perpétuellement en quête de sensationnalisme : ils ne sont que des voyeurs qui se nourrissent d'atrocités, quitte à les créer eux-mêmes. Chaque scène fait mouche, et longtemps avant l'apparition de la... Lire la suite › Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Horrible réalité,
Par Mr. Cat (Provence Alpes Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cannibal Holocaust (DVD)
"Cannibal Holocaust" est le film d'horreur par excellence. Il a était controverser pendant plus de 20 ans, et maintenant c'est un film culte qui doit être vu par un public avertit à qui s'intéresse à ce genre de film, mais aussi à tout les passionnés de cinéma. Beaucoup de personnes méprisent ce film par l'idée qu'il n'est que choquant et ne démontre rien, (en même temps c'est un film d'horreur) mais pourtant il y a belle est bien un récit qui tient la route et nous plonge dans le récit. L'ambiance est incroyable (et les musiques sont déroutantes par rapport au contenu), on peine à croire que ce film soit si "vieux".Un film que je conseil donc à un public qui n'a pas peur de voir ce dont l'homme est capable. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
DVD Cannibal Holocaust,
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Film surprenant, marqué du traitement de son époque, ovni horrible dans l'histoire du cinéma mais incontournable, excellente remasterisation
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