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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une version très anglaise,
Par Patrick Godart (Paris France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Cantates BWV 106, 118 & 198 (CD)
On ne présente plus John Eliot Gardiner , le Monteverdi choir et the english baroque soloists. Pour ces enregistrements, à ces interprètes prestigieux se sont adjoints des solistes moins connus, mais tous anglais (Nancy Argenta soprano stellaire, Michael Chance, excellent contre ténor; Anthony Johnson ténor anglosaxon au timbre très adapté à ce répertoire, et l'excellent basse Stephen Varcoe.Ce qui surprend et rassure dans ces interprétations c'est leur nature profondémment anglaise : importance des choeurs, millimétriques dans leur phrasé, un peu au devant de la scène, comme dans un Haendel. Ensuite, c'est la rigueur académique d'un style interprétatif à la fois léger et très charpenté. La lecture de Gardiner est indubitablement TRES académique. Ici pas d'emportements émotionnels, pas de jeu avec la métrique du rythme, pas d'accentuations toniques, la partition, rien que la partition dans une rigueur exemplaire. A ce jeu, la cantate BWV 198 est sans conteste la grande réussite de cet album. La soprano Nancy Argenta y est divine de limpidité, et l'on se trouve volontiers dans l'atmosphère solennelle et dorée d'un office funèbre pour la princesse électrice Christiane Eberhardine morte jeune (de chagrin) séparée de fait d'un mari très volage et infidèle, y compris à la religion. La dramaturgie de l'orchestre dans ces pièces donne l'ampleur du chagrin que dut être celui de Bach qui a peut être transféré sur la mort de cette jeune femme, la douleur qu'il ressentit lors de la mort de sa propre mère. Le choeur , "An dir du Fürbild grosser Frauen" (N°12 du Cd) est l'exemple même de la dimension exemplaire de l'interprétation de Gardiner, manifestement très à l'aise dans les rythmes plus soutenus. Les choeurs sont superbement étagés avec les solistes, et du côté instruments, la flûte est à la place, suffisamment présente sans effet de masque sur les autres registres. Le motet BWV 118/231 est un petit bijou, judicieusement intégré à cet album. La déception vient de la célèbre BWV 106 qui manque cruellement de profondeur. Les flûtes de la sonatina sont à la limite de l'audible alors qu'elles doivent donner toute la dimension de la fragilité de nos existences humaines. L'air (2c) qui doit être imprécateur et ferme comme la voix de basse le laisse espérer, est ici presque mièvre. Si l'ensemble de la cantate est juste, elle demeure bien peut "tragique", mais simplement tristement académique. On préfèrera de loin Harnoncourt, Suzuki ou surtout Koopmann pour cette cantate. Au final, un album de très grande qualité, servi par une prise de son exemplaire, dont le grand mérite est de présenter une cantate BWV 198 parfaite! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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