Du chant baroque, généreux, opulent, par des voix, des vraies: Edith MATHIS et Lucia POPP à leur zénith. Legato de fée, souffle inépuisable, aigus argentés : tout y est. Et en plus, des timbres, charnus, moelleux, ce qui n'est pas un mal pour ces cantates profanes. Et des personnalités: frémissante, avec un rien d'angoisse pour MATHIS; radieuse, rieuse, optimiste mais avec une pointe d'ironie pour la merveilleuse POPP. Peter SCHREIER dirige des instruments modernes (donc qui jouent juste), mais avec un soin du phrasé et de la dynamique, une attention aux ornements et aux rythmes qui est la vérité de la musique baroque, en liberté. Jubilatoire et réconfortant : à mille lieux des impostures contemporaines (petites voix étriquées et sans couleurs, orchestres grinçants, interprètes sans culture, etc.). Mais cette école d'interprétation n'existe plus. Raison de plus pour chérir ce bijou.