Nikolaus BRUHNS est né en 1665 et a rejoint un monde dit meilleur dès 1697 à l'age de 31 ans. Cette mort prématurée a vraisemblablement privé la Musique Baroque d'un de ses plus grand compositeurs au riche et évident potentiel.
Il naît dans une famille de musiciens originaire de la région de Husum, au nord de Hambourg.
Après avoir appris la lecture et le jeu de la musique avec son père, il étudie l'orgue et la composition avec Dietrich BUXTEHUDE avec qui il acquiert une grande virtuosité. Afin de lui succéder, BUXTEHUDE le recommande à la cour royale du Danemark. Il reviendra à Husum comme organiste après avoir rencontré moult musiciens européens connus.
Compte tenu de son décès à un jeune age, il laisse une oeuvre réduite (principalement des cantates et des pièces pour orgue..mais avec des doutes sur l'éventuelle existence d'autres types d'oeuvres).
Une part importante de ses compositions sont perdues, celles qui nous sont parvenues sont incontestablement d'une qualité exceptionnelles.
De fait, elles annoncent indubitablement celles de Jean Sébastien BACH qui admirait, du reste, les oeuvres de BRUHNS.
Ce CD bénéficie d'une présentation originale, façon vieux grimoire, et se trouve doté d'un livret fort pédagogique et riche d'informations...C'est assez rare pour être noté !
Il contient l'intégrale connue des cantates de BRUHNS. Celles ci ne sont répertoriée que depuis 1937.
A leur écoute, on perçoit l'influence de BUXTEHUDE, mais aussi une porte qui s'ouvre admirablement et avec une grande prémonition vers autre chose.
le "Ricercar Consort" s'emparent de ces pièces fabuleuses avec gourmandise, subtilité, musicalité et une grande rigueur sur l'esprit qui les parcourt.
Le dynamisme et l'allégresse qui se dégagent de ces cantates trouvent sans doute leurs origine dans l'utilisation d'une certaine nervosité rythmique lié à un langage tonal clair et assumé.
Curiosité, pour qui s'y intèresse, BRUNHS, n'utilise pas une constante du chant Luthérien, soit le Choral. On en trouve cependant un esquisse à la fin du "Hemmt eure Tranenflut"
Dans cet exercice périlleux Max Von EGMONT(basse) lance des éclats de diamant noir, Greta de REYGHERE et Jill FELDMANN (soprano) scintillent), les autres solistes sont de la même eau. Finement et subtilement menées, les séquences orchestrales renforcent et enchâssent avec spiritualité les chants. François FERNANDEZ et Mikoho KIMURA brillent aux violons.
Le "Ricercar Consort" nous sert du BRUHNS, pas du post-BUXTEHUDE ou du pré-BACH. Cet ensemble de talents conjugués a évité ce piège facilitateur. Du bel ouvrage.
Un double CD à ne pas manquer.Bonne qualité sonore. Exceptionnel.Surtout à ne pas manquer.
"Tarde venientibus ossa" !