A l'écoute de ces petites merveilles que sont les Cantiones Sacrae de Samuel Scheidt, on sera forcément marqué par la filiation naturelle, notamment avec la musique sacrée mais aussi madrigale italienne (le style madrigal est particulièrement probant dans "Sende dein Licht und deine Wabreit"). en fait, Samuel Scheidt démontre avec ces compositions sacrées une grande variété de styles et de climats, allant jusqu'à évoquer les chromatismes ou frottements harmoniques dignes des madrigaux maniéristes tardifs italiens (notable au minutage 4'19" de "Ist nicht Ephraim mein teurer Sohn", l'une des plus belles pièces de ce disque).
Le compositeur allemand fait aussi varier la configuration vocale et orchestrale, en modulant, selon le climat souhaité et surtout, selon le texte, le nombre de chanteurs et leur disposition. Le principe du double ch½ur, se renvoyant comme en échos les différents versets, reste une disposition de base, là encore caractéristique de l'influence italienne, notamment vénitienne.
La pièce centrale du disque est indiscutablement le "Vater unser im Immerlich", composition plus ample, préfigurant les grandes cantates chorales.
Superbe disque recommandé, également pour le travail fin et soigné de l'ensemble Vox Luminis, aussi bien sur le plan vocal qu'instrumental. L'interprétation est très homogène, équilibrée.