Michael Moore a bâti son succès en réalisant des documentaires simples, expliquant les phénomènes les plus complexes de manière claire (globalisation dans "Roger et moi", systeme de sante dans "Sicko", commerce des armes à feu aux Etats Unis dans "Bowling for Columbine"). Et en filmant les effets de ses phénomènes sur notre vie de tous les jours.
Dans "Capitalism : a love story", il parle de juges corrompus mettant des enfants en prison pour en tirer un gain financier, de corporations (Nestlé, Walmart, Citigroup) souscrivant en secret des assurances vies sur la tête de leurs employés les plus précaires afin d'empocher les bénéfices, de compagnies aériennes faisant des économies au prix de la sureté de leurs passagers, de leaders mondiaux conseillant à leurs administrés de jouer leur maison au poker sur les marchés financiers (tant en sachant pertinemment qu'ils vont la perdre, ce qui n'a pas manqué de se produire en 2008).
Tout est véridique, documenté, étayé par de nombreux sites webs fournissant plus de détails sur le sujet.
On peut reprocher à Michael Moore sa façon très hollywoodienne de filmer la détresse des gens : gros plans, larmes qui coulent, enfants ou retraités désemparés devant les injustices de ce monde.
Mais qu'on les filme ou pas, ce désespoir existe bien, alors autant en parler.
Je préfère Michael Moore quand il filme ses "héros" : des personnes sensées, qui décrivent les absurdités qui les entourent avec clairvoyance, et qui proposent des alternatives constructives et démocratiques.
Je vous recommande ce film, il est drôle, très bien fait, et vous rappelle que si on y prend pas garde, ce genre de choses pourrait très bien nous arriver à nous aussi.
Et ça, pas besoin d'un doctorat en économie pour l'apprécier.