C'est une mer bien calme, voire un ruisseau, plutôt qu'une mer agitée qui devrait apparaître sur cette pochette dont l'iconographie est confiée à l'historien Denis Grenier. Si, comme le veut la maxime de la maison Alpha, « la musique est peinture, la peinture est musique», et bien ne vous fiez pas à la pochette...
Mais qu'importe la peinture, ce qui compte ici, c'est la musique de CPE Bach. Mais attention, pas seulement celle de ce prolifique compositeur : de courtes pièces pour Viole de gambe seule, magnifiques, de C.F. Abel viennent agrémenter ce récital plutôt inédit.
Deux sonates pour viole de gambe et basse continue et un superbe Trio pour viole de gambe et clavier obligé, toutes des oeuvres méconnues de CPE Bach, constituent le programme ici présenté .
F. Heuman tient magnifiquement la barre à la Viole tandis que le violoncelle discret de G. Nasillo vient, de temps à autre, ajouter une touche toute en subtilité à ce récital aérien. Le clavier, un « Hamerflugel» tenu par nul autre que D. Borner agrémente à merveille les prestations des solistes.
Un programme pour viole de gambe tout en douceur, serein, et surtout indispensable pour les inconditionnels de CPE qui trouveront ces pages étonnantes bien loin du «Sturm und Drang», habituelle marque de commerce de cet agité et inclassable compositeur
Ici la sensualité domine; la tension est parfois bien présente mais enveloppée d'une douce rêverie...
La prise de son favorise admirablement bien l'ivresse procurée par ce récital tout en douceur.