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5.0 étoiles sur 5
Un coffret pour renouer avec la grande tradition, 24 août 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carl Schuricht - Enregistrements Decca 1949/1956 - 5CD - (Coll. Original Masters) (CD)
Carl Schuricht (1880-1967) fut un des meilleurs représentants de la grande tradition austro-allemande de direction d'orchestre. Il forgea son métier patiemment et avec une même exigence, dans des théâtres ou des orchestres moins prestigieux que ceux menés par ses pairs. De façon révélatrice, il ne manifesta pas de sympathie pour le régime nazi.
Bien qu'il ne dirigeât pas la Philharmonie de Vienne avant 1934, il s'engagea dans une association fructueuse avec cet orchestre, ainsi qu'avec l'ancêtre de l'Orchestre de Paris, La Société des Concerts du Conservatoire.
Son style vif et allant, mais sobre et peu emporté, n'est peut-être jamais aussi bien révélé que dans les pages concertantes qui figurent dans le présent coffret: répondant au violon entier et sauvage d'un tout jeune Christian Ferras ou au piano taillé dans le bronze du vétéran Wilhelm Backhaus dans Brahms, il est exemplaire d'esprit, d'humour bonhomme et de franchise. Il n'accompagne pas "seulement", il semble poser une main bienveillante sur le musicien soliste.
Les couleurs qu'il instille au Philharmonique de Vienne peuvent parfois faire penser au jeune Karajan. Ceci dit Schuricht apparaît souvent comme un maître, imprégné d'un calme classicisme. Là il est proche de son contemporain Pierre Monteux. Mais l'autre grand chef dont Schuricht n'a pas à rougir, c'est Wilhelm Furtwängler. C'est par l'humanité profonde de son discours qu'il rappelle le chef le plus admiré du vingtième siècle.
Il y a, comme dans les Symphonies de Schumann ici proposées, plus parfait. Mais ces témoignages de Schuricht avec la Société des Concerts du Conservatoire restent majeurs pour leur incomparable surcroît de chaleur et des sonorités à la fois perfectibles et bien typées.
Son absence totale d'esbrouffe, sa grande culture réfractaire à l'étalage feraient que Schuricht ne serait plus d'actualité. Or, ses disques sont deux ceux auxquels on revient toujours.
Sur le plan technique, ces enregistrements monophoniques Decca vont de l'adéquat (Mendelssohn) au lumineux (Deuxième Symphonie de Beethoven, Inachevée de Schubert).
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