Pour son premier enregistrement brucknérien (enregistré en 1974), Carlo Maria-Giulini avait choisi l'une des moins jouées et des moins enregistrées des symphonies du compositeur autrichien, mais non la moins belle. Ce coup d'essai est un véritable coup de maître. A la tête du parfois hésitant symphonique de Vienne, ici proprement transfiguré et qui signe à cette occasion un de ses plus beaux disques, Giulini manifeste aussitôt des affinités évidentes avec ce répertoire, qu'on retrouve dans ses enregistrements ultérieurs, en particulier les deux versions de la Neuvième (Chicago, Emi et Vienne, DG). Son Bruckner n'a besoin d'aucune excentricité pour se distinguer: il est naturel dans sa progression, raffiné dans ses couleurs, très chantant, chaleureux et tourné vers la lumière. Ce disque me paraît difficilement surpassable.