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5.0 étoiles sur 5
Un bel hommage, 4 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carlo Maria Giulini - The Chicago Recordings (4 CD) (CD)
C'est à l'invitation de Fritz Reiner, alors directeur musical, que Carlo Maria Giulini fit ses débuts à l'Orchestre Symphonique de Chicago en 1955, agé alors de 41 ans; point de départ d'une collaboration qui durera 23 ans, jusqu'à ce qu'il reprenne les rennes du Philharmonique de Los Angeles en 1978.
A l'occasion des 90 ans du maître, EMI nous restituait dans un coffret économique les enregistrements datant de 1969 (4ème Symphonie de Brahms, Roméo et Juliette de Berlioz, L'Oiseau de Feu & Petrouchka de Stravinsky), 1971 (1ère Symponie de Mahler, 7ème Symphonie de Beethoven) et 1976 (9ème Symphonie de Bruckner).
Cette 9ème symphonie de Bruckner est ni plus ni moins qu'une des meilleures jamais enregistrée; pétrie d'expressivité, parfaitement équilibrée, à la fois colossale et mystique, avec des sonorités et des textures absolument magnifiques permises par la qualité exceptionnelle des pupitres de la formation de Chicago. Un vrai bonheur !
On connait aussi l'affinité particulière qui lie Giulini à Brahms (cette 4ème figurait d'ailleurs au programme de son premier concert en 1944 à Rome). Si souvent il remis sur le métier ces symphonies, ce fut toujours pour délivrer des coups de maîtres. Cette version-ci de la 4ème symphonie est sans doute la plus belle qu'il ait gravée (ce qui n'est pas peu dire !) : resplendissante, intensément dramatique, pleine de passion, c'est un modèle de puissance brahmsienne qui nous est délivré. Magnifique !
La Titan de Mahler est au même titre une réussite magistrale; captivante, spontanée, magique, d'une rare cohérence, elle enivre dès le climat mytérieux des premières mesures et semble perdurer au-delà du silence qui suit le dernier accord.
Les autres enregistrements proposés sont également de haute volée, à commencer par une remarquable 7ème symphonie de Beethoven, dans la lignée des meilleurs chefs allemands. La Symphonie dramatique de Berlioz basée sur Roméo et Juliette révèle toute sa puissance, et bénéficie de la stricte discipline des musiciens américains sous la baguette experte du chef italien, débarassant cette musique de la surcharge qu'on lui associe trop souvent. Précision et maîtrise sont également les maîtres mots de la suite Petrouchka et plus encore de L'Oiseau de Feu de Stravinsky, délivrant des interprétations solides, inspirées et brillantes.
On pourra faire un petit reproche pratique sur le fait que le Berlioz et surtout le Brahms se retrouvent coupés sur deux cds. On se consolera sans doute en appréciant les minutages généreux des quatres disques (qui font tous entre 75 et 77 minutes).
Des Bruckner et Brahms (voire Mahler) de référence, des compléments excellents; un bel hommage rendu à un grand chef disparu depuis.
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