Les ‘Carnets Noirs’, le retour ! Après un premier survol des scènes gothiques et indus internationales, dans un superbe ouvrage de référence à la belle pochette noire toilée, l’équipe, augmentée pour la circonstance, remet le couvert pour se pencher avec bonheur sur la scène electro/gothico/indus hexagonale. Tout de noir, de blanc et de gris comme son prédécesseur, ce deuxième volet, aussi luxueux, fait montre d’un extraordinaire travail d’investigation, précis et minutieux, racontant tout au long de ses quasi trois cent quarante pages le connu des mortels mais surtout traquant, classant, répertoriant l’inconnu, l’obscur, l’improbable, le caché, pour offrir au bout du compte un panorama des plus complets sur des formes de musique des plus importantes, ainsi que leurs dérivés, dans l’histoire du rock, leur influence, et leur devenir. Partant de 76 et l’arrivée du punk, puis du post punk et de la new wave pour en arriver à l’électro, à l’indus, à l’expérimental et au gothique proprement dit, ce boulot sans précédent, tant en volume qu’en qualité, explore les moindres recoins de ces genres souvent ignorés des médias, ou bien relégués au rang de bêtes curieuses, sans grand intérêt mercantile, surtout quand on ne s’appelle ni Joy, ni Bauhaus, ni Nine Inch Nails, et qu’en plus on est Français, donc guère crédible. Trente ans que la musique, que les musiques ‘autres’ en France souffrent de cet ostracisme et de ce mépris général, des médias et du public. Groupes obscurs et francs tireurs, certains mis en lumière et beaucoup d’autres à découvrir, mais aussi héros d’hier, d’aujourd’hui et de demain, toutes tendances confondues, peuplent cet ouvrage, qui se lit comme un roman, pleins de sons, d’images et de cris : Plus qu’un dictionnaire, ce qui n’est déjà pas si mal, plus qu’une synthèse, cet Acte II est avant tout une histoire d’amour, des auteurs et de leurs éditeurs. Tout en ombres et lumières, cris et chuchotements, sordide et sentimental. Comme il se doit. Undead mais toujours pétant la forme.
Jean Paul Coillard.