Présentation de l'éditeur
Connue des Carthaginois, la mosaïque trouve en Tunisie une terre d'élection lorsque les Romains la réintroduisent dans le pays au tout début du IIe siècle ap J-C. Elle y connaît un véritable épanouissement grâce à l'existence d'une opulente aristocratie locale dont les somptueuses constructions sont toujours revêtues de pavements en mosaïque. Elle s'affirme d'abord dans les cités côtières de Byzacène, telles Acholla, El Djem et Sousse aux IIe et IIIe siècles, puis dans les villes liées à Carthage ou implantées en Byzacène intérieure autour de Sbeïtla, à partir du IVe siècle. Une fois libérée des deux écoles qui lui sont antérieures (celles de Rome et d'Orient), l'école africaine de mosaïstes donne toute la mesure de son extraordinaire capacité d'innovation. Ainsi elle crée un répertoire personnel caractérisé par sa vitalité de langage et sa fantaisie décorative. Le génie inventif des mosaïstes africains éclate dans les représentations figurées réinterprètant le riche répertoire hellénistique dont elles sont issues. La grande innovation du IVe siècle demeure la création et la diffusion de thèmes nouveaux inspirés par la réalité contemporaine : vie des grands domaines ruraux, chasse, pêche, banquets, spectacles d'amphithéâtre et de cirque... Dans la représentation de ces thèmes, les artistes imaginent des schémas de composition inédits, à plusieurs angles de vue, spécialement adaptés à la fonction de revêtement de sol de la mosaïque. L'école africaine a donc beaucoup innové et évolué au cours de sa longue histoire. Le présent ouvrage permet au lecteur d'en suivre les mutations, depuis l'emprise du répertoire traditionnel jusqu'aux créations les plus originales. Des citations d'auteurs anciens (Pline, Ovide, Sénèque...) apportent un éclairage original sur les oeuvres et restituent le souffle de leur vie passée ainsi que la permanence d'une quotidienneté qui nous émerveille.
Biographie de l'auteur
Mohamed Yacoub est l'un des pionniers de l'archéologie tunisienne, à laquelle il a consacré une carrière de plus de quarante ans (de 1962 à 2005). Il a été successivement conservateur en chef du musée national du Bardo, directeur général des musées de Tunisie et directeur de recherche à l'Institut national du patrimoine. Outre la création et le réaménagement de plusieurs musées tunisiens et la participation à divers chantiers de fouilles, il est auteur d'une série d'ouvrages à caractère scientifique ou de large diffusion et de nombreux articles de recherche fondamentale, publiés tant en Tunisie qu'à l'étranger et consacré notamment à la mosaïque dont il est considéré comme l'un des plus éminents spécialistes.