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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
QUAND ON M'EN FAIT TROP JE DYNAMITE, JE DISPERSE, JE VENTILE...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Loi du milieu (DVD)
LA LOI DU MILIEU (GET CARTER en VO) est le premier film du réalisateur britannique Mike Hodges, en 1971. Sans doute trop méconnu du grand public, c'est pourtant un petit bijou de Film Noir à l'anglaise.Michael Caine y interprète Jack Carter, tueur à gage froid et méthodique, qui quitte son gang de Londres, pour organiser les funérailles de son frère Franck, à Newcastle, mort dans un accident de voiture. Il y rencontre sa nièce Doreen, les amis et relations de son frère, afin d'en savoir plus sur son décès... Le scénario en soi, n'est pas original. Tout l'intérêt du film tient dans son atmosphère, sa mise en scène, et les décors. Nous sommes à Newcastle, cité industrielle plombée par la grisaille, avec ses quartiers populaires aux petites maisons alignées et cafés enfumés. Dès que Carter descend du train et arpente les rues, les regards se tournent vers lui. On l'épie, on le fuit, on le redoute. Carter ne cède pas aux intimidations du milieu, et poursuit sa quête de vérité. C'est en découvrant par hasard un film 8mm porno (scène admirable de force et de retenue, de colère rentrée) que Carter met en marche sa machine de guerre. Mike Hodges déroule alors une mécanique implacable, une marche macabre, lente et silencieuse, jonchée de cadavres. Point de salut aux yeux de Carter. Il ne se venge pas : il éradique. Dans des rues ouvrières, des parkings bétonnés, un port marchand soufflé par le vent, Jack Carter remonte le fil d'une histoire familiale sordide. L'esthétique du film est aux antipodes de celle des Films Noirs américains. Pas de plans nocturnes, contrastés, alambiqués. Au contraire, la lumière est plate, le rendu réaliste, presque documentaire. L'utilisation de focales longues et de zoom crible l'écran de d'amorces floues. La dernière scène, sur une plage au sable noir, dans un décor de fin du monde, avec ces chariots montés sur treuils qui charrient la terre dans la mer, est tout bonnement incroyable. Hodges utilise à merveille le décor naturel mis à sa disposition. LA LOI DU MILIEU n'est pas un film psychologique. Le personnage de Jack Carter est difficile à cerner. Il parle peu, même ses rapports sexuels avec les femmes sont dénués de chaleur, de sentiment. Mais il impose sa présence, étrange et fascinante. Il faut évidemment mettre ceci sur le compte de Michael Caine, cintré dans son trench bleu marine, immense acteur, stylé, très anglais, dont le regard charme ou vous glace le sang. Parlons aussi de Ian Hendry, acteur croisé dans beaucoup de séries britanniques à l'époque (« Amicalement Votre », « Chapeau melon »). LA LOI DU MILIEU est une vraie réussite, qui aura inspiré un remake américain en 2001. Sylvester Stallone y reprenait le rôle de Jack Carter, et le méchant était joué par... Michael Caine ! Amusant, quand on sait que dans LE LIMIER version Mankiewick, Caine jouait le jeune amant, et dans le récent remake de Brannagh, il jouait... l'écrivain !) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Western urbain,
Par JoBill (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Get Carter (1971) [Import anglais] (DVD)
Le scénario tient sur une feuille de papier à cigarette: c'est la classique histoire de l'étranger qui arrive dans la ville, ce qui a fait les grandes heures du western pour ensuite être adapté à des concepts plus modernes.Une fois cela plié, le réalisateur peut s'en donner à coeur joie en jouant avec sa caméra et ses acteurs. Ce film est un pur bonheur pour tout cinéphile qui se respecte, du générique qui utilise le malheureusement tombé en désuétude 'begin in action' (une légère scène avant même d'avoir vu l'ombre d'un générique), pour ensuite être emporté par le générique et sa musique (exceptionnel Roy Budd) avant de pouvoir sombrer avec le personnage principal dans la noirceur du nord de l'Angleterre et la folie des années 70 où les femmes n'ont pas forcément un rôle très flatteur (bien que nous puissions en discuter...). Ce film est parsemé de scènes absolument mythiques, la violence et l'érotisme se retrouvant confinés/emballés dans le flegme très britannique qui transpire à travers chaque ligne de dialogue et chaque plan de caméra. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Get Michael Caine,
Par Mr. Daniel Zehnacker "Rimbaud "Dan" F... - Voir tous mes commentaires (TOP 100 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Loi du milieu (DVD)
"La loi du milieu" titre mou pour un film dur, est centré sur l'atmosphère plutôt que sur l'enquête policière.Cet homme (Jack Carter) qui retourne à Newcastle pour élucider la mort de son frère, a beau lire dans le train "Farewell my lovely" de Raymond Chandler, il n'a rien d'un Philip Marlowe. Il fait partie d'un gang et va se frotter à un autre gang, mais ce réglement de compte, là, est personnel. Le film est truffé de petits détails très pittoresques : une bataile de deux bonnes femmes dans un bar, une conversation sexuelle de Carter avec sa poule restée à Londres pendant que sa logeuse se balance devant lui dans un rocking-chair avant de se retrouver dans son plumard, ou encore le fait que John Osborne incarne le rôle de l'un des malfrats. Et puis, bien sûr, Carter à poil, le fusil à la main, sortant dans la rue pour chasser ceux qui sont venus l'intimider, alors que défile un bataillon de gamins au rythme d'une fanfare jouant "Ce n'est qu'un au-revoir". Sans révéler la fin on saura que le sniper chargé de tuer Jack Carter porte lui-même une grosse bague avec l'initiale "J" marquée dessus. Pas de sentiments, mais seulement une larme lorsque Jack découvrira par hasard un film pédophile dans lequel sa nièce Doreen a été embarquée par les mêmes truands qui ont assassiné son frère. Vue l'ambiance très 70, avec mini-jupes et pégre locale, drogues et partouzes chicos, on ne pourra que supposer, même si on ne l'a pas vu, que le remake américain, plombé par Stallone, ne peut que faire insulte à l'original. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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