Dans cette autobiographie thématique, Nick Hornby nous raconte 25 ans de sa vie (1968-1992) autour de sa passion pour le club de foot d'Arsenal, à Londres.
Après avoir attrapé le virus à l'âge de 11 ans en assistant à un match avec son père, Nick nous fait vivre son adolescence, sa vie de famille, ses amours, ses amitiés, ses difficultés à trouver sa voie professionnelle dans l'Angleterre de Thatcher. Nick est un supporter acharné, pour lequel son club est tout, et le reste subalterne.
Mais quoique dépendant d'Arsenal comme d'une drogue, il sait cependant prendre du recul et décrire avec humour des situations cocasses autour de cet amour envahissant.
Si comme moi on aime le foot, ce livre fait du bien car il montre qu'on peut adorer ce sport tout en sortant de Cambridge, sans être un imbécile inculte ou une brute alcoolisée.
D'ailleurs l'évocation des phénomènes violents et racistes autour du foot anglais dans les années 80 (catastrophes du Heysel et de Hillsborough) est certainement la partie la plus intéressante, avec la description de la banalisation progressive de la violence et la dérive vers le hooliganisme et ses dizaines de morts.
Le point de vue d'Hornby fait de répugnance et d'un certain fatalisme est cependant troublant. Là où on pourrait s'attendre à de la révolte et de la verve, on reste dans le même rythme que tout le récit...
L'écriture de « Carton jaune » est simple, fluide et agréable mais manque de relief. De plus la description de matchs et de joueurs inconnus par la plupart d'entre nous en fait parfois un produit exclusivement britannique et casse la dynamique.
Le chef d'aeuvre absolu de la littérature sur le foot reste donc encore à écrire.
« Carton jaune » est avant tout un bon divertissement recommandé aux amoureux du ballon rond et à leur entourage.